Une époque formidable

Sinik

Sinik

Publié le dimanche 01 mai 2005 par missyludalova
Imprimé le jeudi 04 décembre 2008

L'histoire commence aux Ullis en 1984
Petit et peace, dire que cette ville allait changer ma life
J'en suis marqué j'ai débarqué un soir d'hiver
Cité des Hautes Bergères tout à l'air grand, mais faudra bien s'y faire
J'avais 4 ans mais les souvenirs me sont restés intacts
Ainsi débute ma vie entre les ter-inspec et le terrain vague
De jours en jours mes nouveaux potes seront mes nouveaux frères
Peut-être qu'on est sur terre mais seul l'enfer me sera offert
A cet instant, j'ignore encore que les mâtons m'attendent
Vas dire à ta maman que j'suis un bon, que j'ai déjà ma bande
88 : on a 8 piges et tout roule
Avec mes potes on joue au foot, de la tour février à la tour août
A l'école ça s'passe mal, j'me sens mal, j'vis mal, j'dors mal
Et quand j'en parle j'ai mon cœur qui s'emballe
Tous les 25 décembre il faut trouver les mots
L'argent nous fait défaut et par sa faute le père noël est mort
J'ai peur de rien sauf de mon père et d'ses putains de colères
De ce putain de collège des profs et des bulletins scolaires
Ca s'dégrade, doucement mais sûrement, et tard le soir sur le banc
J'entends les grands pousser des hurlements
2 années passent et les premiers soucis s'amassent très vite
La chance m'évite alors après la classe, on casse des vitres
J'aimais le son mais quand je rentrais j'apprenais pas mes leçons
Petit mais paresseux trop parisien, mais bon n'ai-je pas raison
90 : j'ai 10 ans je commence à faire le mac et même à parler mal
Parce que j'ai pas cette putain de paire de Nike
Je traîne de plus en plus et aime de moins en moins
Hier quand je suis rentré j'ai vu des jeunes rouler des joints dans le coin
J'aimais l'été avec mes potes, le soleil sur l'épaule
Du rap et du football, pendant qu'les grands déssaoulaient sous les halls
J'encaisse les coups quand j'ouvre ma gueule ou qu'j'ai un mot
Hors de la norme encore un homme caché dans l'corps d'un môme
Anéanti car mes parents n'ont jamais su mentir
L'huissier m'appelle fiston parce que ce fils de pute m'a vu grandir
Doucement j'commence à rentrer tard pour admirer les tours
J'ai 12 ans et l'école m'casse les couilles alors je sèche les cours
J'te l'ai pas dit à cette époque la rue m'inspire
A 13 ans j'écrivais des p'tits bouts de phrase qui ne voulaient rien dire
Premier chapitre : les Ullis pour adresse
Premier couplet : de 84 à 93

Tu dois pouvoir m'expliquer ce que c'est, une lettre de l'école
Ils disent que tu y vas pas depuis des mois !
Des mois !

Refrain
Rappelles-toi on était jeunes, on n'avait pas la haine, on n'avait pas d'label
10 ans plus tard certains manquent à l'appel
Un peu plus tard j'aurais ma ville comme soutient
Soudain j'écrirais ça pour que tu saches d'où j'viens, les Ullis,
Pour que tu saches que toute ma life a un goût de flingue
Pour pas qu't'oublies après Bergère rajoutes jungle
Pour que tu saches à quel point tout ça me manque
Que tu comprennes mon histoire tout simplement


L'histoire reprend violemment, année 1.9.9.4.
A une époque mon pote où les carreaux éclatent et les keufs claquent
Mauvaises fréquentations entraînent les tentations
Désordonné selon la conseillère de désorientation
L'école c'est mort ! Je redoute que ma rue doute
Dans le fond c'est rien à foutre
Parce que plus tard je s'rais une star du foot
Mes premiers vols, mes premières tapes, mes premières liasses
Mon premier pote qui meurt, mon premier flingue devant ma première tasse
Du haut d'ma tour je vis en hauteur avec ma benne autour
Ce putain d'monde est sourd, personne m'entend lorsque j'appelle au secours
95 : avec mes potes ça va de plus en plus mal
Haineux pour la plupart, me calcule pas, j'm'endors de plus en plus tard
J'ai l'air d'un gosse fait pour la tess et les biz des tron-li
Les grands m'ont dit fais gaffe les keufs te soulèvent dans ton lit
Effectivement les keufs te sautent pour te faire déraper
J'avais 16 ans quand j'ai gravé malsain en G.A.V.
Encore trop jeune pour travailler, plus d'école
Alors on traîne et on déconne, ici c'est le hall qui distribue les rôles
J'aimais rapper mes potes pas trop mais j'ai tenté ma chance
C'était la première fois que des bouts de phrases pouvaient quitter ma chambre
Les miens m'écoutent et ne m'suivent pas dans mon délire
Tandis qu'aux Amonts y'a du flow déjà très tôt c'est ce que j'entendais dire
C'est avec eux que j'pète le mic et toutes les carotides
Que tous les carreaux tiltent qu'on baise la ville de façon chaotique
A part le son 2 ans plus tard j'ai grillé toutes mes cartes
Et j'ai soufflé mes 18 bougies aux T4
En ressortant j'me suis pas dit qu'j'avais eu tort mec
C'est pour le simple fait que ça n'te rend ni plus faible ni plus fort
J'ai du tirer ma première taffe un putain d'soir d'été
Et puis j'ai compris que c'était mal et j'ai commence à regretter
Entre temps j'ai du replonger 2, 3 fois
La police veut m'avoir, le rap est love de ma voix

Refrain

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