
Il en aura fallu du temps et de la patience pour enfin voir naître le premier projet solo du rappeur prodige nommé Kennedy… En effet, ce dernier avait fait forte impression en lâchant ses freestyles en radio et en laissant tourner certains de ses morceaux sur différentes mixtapes ou projets en groupe, le dernier en date étant « Rap performance ». Le jeune rappeur issu du 94 nous arrive donc avec un street-CD intitulé « Flashback » et qui regroupe 14 morceaux de choix.
Tout d'abord l'introduction que Kennedy nous sert est une série de messages posés sur son répondeur par différents individus de son entourage ou même encore inconnus de ce dernier (à noter a la présence de Diams ou encore Disiz La Peste). Le premier morceau du CD s'intitule comme celui-ci: « Flashback ». Dedans, Kennedy raconte toute son histoire du jour de sa naissance jusqu'à maintenant. On a le droit a une bonne prod et surtout un véritable technique de la part de Kennedy qui réussit a raconter son vie tout en rappant et ne perdant pas son flow, et surtout il arrive à accrocher l'auditeur sans forcement enchaîner des tas de rimes.
Le second morceau est un peu un hymne à tous les quartiers dit ‘chauds'. Là aussi, nous avons le droit a un MC racontant les choses clairement quitte a être cru à certains moments (« un bon flic est un flic mort »). Mais ceci dit, ce titre n'est pas un appel a la rébellion ou quelque chose du genre mais plutôt a une vision de la réalité vue par Kennedy. Alors « Hollywood » est surement un des sons les plus technique de l'album du fait que le rappeur s'amuse à rimer avec différents thèmes de films son quotidien: « on veut se ranger comme Kayne dans 'Menaces'/ Avant que sa finisse comme l'impasse/ Quitte a changer de tête comme volte face ». Je continue donc à parcourir cet album et je tombe sur le cinquième morceau, « Futur ». Dans ce dernier Kennedy, explique simplement qu'il n'est pas venu dans le rap pour faire figuration et qu'il est bien décidé à faire parler de lui, encore avec des lyrics toujours aussi francs: « quand je baisse mon froc c'est juste pour me faire sucer ».
Nous voila arrivés à la partie du CD la moins travaillée musicalement niveau prod puisque les quatre morceaux qui suivent sont tous issus de prods déjà bien connues. Je commence tout d'abord avec le featuring avec B.O DIGITAL intitulé « Montré du doigt » qui a pour instrumental « The Illest » de Havoc (Mobb Deep); néanmoins le morceau suis tout a fait l'instru et Kennedy ainsi que ses compères s'occupent très bien d'entraîner l'auditeur en abordant le thème de l'intégration et du manque de droit des étrangers. Les deux morceaux d'après sont les featuring avec Sinik: inutile de dire que ces morceaux sont sans doute les plus bourrins du disque. Le premier, « On vient choquer la France » sur l'instru de « Got it twisted » des Mobb Deep (encore) est un morceau bien hardcore rempli de rimes sanglantes et peut être même choquantes pour beaucoup: « t'es raciste, moi je suis le noir qui baise ta fille »; mais néanmoins, il reste un bon morceau, la reprise de « Hardcore ». Inutile de vous présenter le concept du morceau classique de Ideal J. En tous cas les deux MCs reprennent parfaitement la chose mais il faut l'avouer, n'égalent pas l'original ! Nous voila au morceau neuf qui est clairement le plus émouvant de l'album, « La rue te guette » sur « Dead President » de Jay-Z et le sample de la voix de Kery James. Le sujet est simple l'histoire: d'un jeune homme qui avait tout pour réussir mais qui est tomber dans le piège du quartier.
Nous voilà maintenant au featuring avec miss Diams laissant place à deux rappeurs qui ont faim et qui sur une prod limite techno (du moins je trouve), arrivent à se marier avec la musique et à nous lacher de bons couplets, pousser de gros coups de gueule. Pour ce qui pensaient que Disiz la Peste était mort rapologiquement parlant, il vient démontrer le contraire en balançant un court mais très gros couplet sur « Quoi qu'il arrive ». Kennedy et Flag the Name assurent leur tour sans forcer leur talent. « Mec du 94 » est le morceau du CD qui rend un petit hommage au département d'où est issu Kennedy mais qui n'a pas grand chose d'innovant par rapport aux autres. Je dirai que ça reste du Kennedy cru et énervé dans les paroles. Ceci dit il est succédé du très bon « Mon son tourne », un des morceaux phare de l'album ou l'on reconnais clairement le style « Kennedy ».
Cet album se conclut par « Mon hip hop », une sorte de clash où Kennedy s'adresse aux rappeurs qui voudraient s'en prendre a lui ou a sa musique: « ne seront vexés que ceux qui se sentent concernés ». En conclusion, on a un bon street-CD de la part de Kennedy. Pour ce qui ne le connaissent pas, ce sera l'occasion de découvrir son style et pour ceux qui le connaissent déjà, ils ne seront pas déçus.
Chronique de Kaiz