
Date de sortie: 1987
Label: Def Jam
Un parolier, un clown, un DJ, un ministre de l'information et une véritable garde rapprochée : c'est en 1987 que ce petit commando plus connu sous le nom de Public Enemy débarque dans les bacs, avec un concept qui peut paraître simple aujourd'hui, mais était à l'époque assez ambitieux : réunir la protestation politique de groupe de rock comme les Clash, et le hip-hop d'un Run DMC.
Cependant, on remarque immédiatement que l'aspect « politiquement conscient » n'est pas aussi présent que sur les albums suivants. On peut être surpris dès la première track, « You're Gonna Get Yours », par un Chuck D qui vante sa voiture (!), ou la suivante (« Sophisticated bitch ») dans lequel il verse une part de misogynie envers les meufs « qui se la pètent ». L'aspect qui propulsera à jamais le groupe au rang de groupe myhtique se retrouve soit sur certaines rimes, soit sur certaines chansons entières, comme le solo de Flavor flav « Too Much Posse », « Megablast » ou encore le « Righstarter (message to a black man) », dans lequel ils appelaient déjà aux prises de consciences.
‘Yo ! bum rush the show' est bel et bien un album de son temps, c'est-à-dire un très bon album hip hop, dans lequel le rappeur crache ses rimes en avertissant au passage, à ceux qui voudrait le tester, que ce dernier est un tueur lyrical (« Public enemy n°1 ») ; le tout sur une forme assez influencé par la soul et le rock, avec ses boucles de guitares et samples rock, comme la plupart des albums Def Jam de l'époque (comme le ‘Radio' de Ll Cool J, ou encore ‘Licensed to Ill' des Beasties Boys); ceci étant très certainement du à l'influence du producteur exécutif Rick Rubin, aussi grand amateur de la scène hip hop émergeante que celle du rock.
L'album pose également les bases du style de production du groupe : c'est-à-dire un sacré bordel, mais qui rend bien, lorsque Hank shocklee (plus tard accompagné d'Eric Sadler) utilise et remix divers sons, crissements de pneus, sirènes, …
Un très bon album, bien produit et bien écrit, dans lequel il ne faut pas non plus chercher un autre ‘It takes a Nation…' ou ‘Fear of a Black Planet' (pour ceux qui auraient écoutés ces albums en premier) ; ce qui n'empêche pas l'album d'être une pièce indispensable…