It Takes A Nation Of Millions To Hold Us Back

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Public Enemy

Seconde entrée

Publié le samedi 29 octobre 2005 par Sagittarius
Imprimé le mardi 02 décembre 2008

Date de sortie: Avril 1988
Label: Def Jam

Eté 1988, un tremblement de terre surgit du Long Island : « Rebel Without a Pause ». Cette sirène (qui est en faite une boucle de cuivre retravaillé) met la pression, le son est urgent, les lyrics conscients, durs mais positifs : une parfaite description du groupe, mais ce n'est pourtant qu'un aperçu de ce que réserve 'It takes a nation...'. Un véritable arsenal ! Les sirènes hurlent dès l'intro, et l'on est immédiatement amené à faire du bruit par la suite : on n'aurait pratiquement pu rêver meilleure introduction à l'album.

L'album met en avant l'équipe de production de choc : Hank Shocklee et Eric Sadler (a.k.a. les futurs « Bomb Squad »), qui n'hésitent pas à inclure dans leurs productions tout élément pouvant produire une sonorité, tels les bruits à l'état brut de sirènes (encore) ou autres grincements (selon Eric Sadler, certains morceaux auraient nécessités près de 70 pistes pour la production…). Les instrus sont apocalyptiques mais uniques et défiaient (à l'époque) toutes logiques des productions de base. L'album mélange aussi bien les saxophones jazzy, que les samples funky (dont beaucoup de James Brown), ainsi que les guitares électriques, le tout soutenu par le « technicien d'assaut » (D.J.) Terminator X. Pour écouter cet album, il faut avoir les oreilles solides : les sons sont aussi lourds que les textes de celui qui s'auto proclame dans le livret « le messager de la prophétie » : Chuck D.

L'album (et le groupe) est ainsi également bien connu pour être la référence du style « politiquement engagé » (avec d'autres artistes comme le Boogie Down Productions, Ice-T, …), car Chuck D a réellement développé cet aspect depuis le premier album du groupe : Il profite de ce qu'il appel le « CNN noir » (le rap) afin d'agir en parfait rhétoricien, pour défendre les droits des afro-américains, inciter à la prise de conscience sur des sujets tels que la drogue sur « Night Living of the Basehead », la télévision (« She Watches Channel Zero ?! »), le milieu carcéral tout en faisant la nique aux autorités (« Black Steel in the Hour of Chaos », une petite histoire aussi remarquable que le clip).

Vous imaginez bien que Chuck D n'est alors pas un rappeur bien vu par les médias, c'est pour cela qu'il leur dresse le très bon classique « Don't Believe the Hype », histoire de clamer haut et fort la vérité. Il n'hésite pas non plus à se moquer de ceux qui seraient contre les samples dans « Caught, can I get a Witness ? ». Il faut saluer aussi la très honorable prestation de Flavor Flav sur «Cold lampin'».

“It takes a nation...” est vraiment une révolution sur tous les plans, et a mis définitivement au premier plan un des groupes les plus influents de l'histoire (mais pas seulement sur le plan musical), avec une attitude hardcore, militante, une hargne sans être négatif, écoutez donc ce que dégage un track comme « Prophets of rage ». L'explosion de l'album et du groupe est à l'image de l'explosion du hip-hop, à une époque ou l'on pouvait être conscient dans ses lyrics, et décrocher le platine. Le titre en disait long mais il faut être lucide, même une nation de millions n'aurait pas suffit à retenir cette bombe.

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