Paris To Purple City

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Purple City

French connexion

Publié le mercredi 14 décembre 2005 par Sagittarius
Imprimé le jeudi 24 juillet 2008

Difficile de classer 'Paris To Purple City' : Rap Français ou Rap US? Cruel dilemme, mais honneur à la nationalité des producteurs : américains. L'initiative de ce disque est plus que louable: mélanger deux groupes, français et américains donc, au-delà des barrières géographiques et de la langue. Pour représenter notre cher pays, il faut compter sur le crew de Gonnesse (95), Baryo Gang, composé de huit rappeurs : Kris Daddy, Tibesse, Tonio F, Al Faone, Djélass, Bamboo, Keny et Kipetchi. De l'autre côté de l'Atlantique, on retrouve le fameux trio Purple City, issu du collectif des Dipset basé à Harlem, avec Shiest Dub 'The Emperor', Un Kasa et Agallah 'The Don Bishop' qui produit tout le disque (de dix titres).

Il est habituel de dire que le rap français possède un niveau inférieur à celui de son grand frère cainri. Alors, que vaut notre groupe national? Côté flow, les huit membres possèdent chacun leur style propre, ce qui fait plutôt un bon point. Côté lyrics, c'est très moyen: les textes se perdent dans des généralités et autres banalités maintes fois entendues. Heureusement que les américains, eux, n'y comprennent rien sinon ils auraient laissé tomber depuis belle lurette. Les Baryo etant plus nombreux numériquement, le temps de parole francophone reste supérieur à l'anglosaxon, ce qui deséquilibre un peu la donne, surtout lorsque Un Kasa et Shiest Dub ne rappent pas sur tous les morceaux. Autre défaut majeur de 'Paris To Purple City': les sujets bateaux ("Da Street", "Money Rules The World/ Ici Bas", "Hip-Hop", "Baby Girl"). Bien que les deux visions soient confrontées et se réunissent sur ces morceaux, c'est clair que ça ne fait pas avancer non plus le schmilblick.

Deux membres des Dipset, et non des moindres, font des apparitions remarquées : Jim Jones et Hell Rell sur respectivement "The French Connection" et "No War". D'autres morceaux nous font rappeller le thème hip-hip franco-américain de l'album, à savoir le bon "Rap Is All Over The World" et "New York/ Ville de Lumières". En résumé, 'Paris To Purple City' ouvre la voie vers une exportation du Rap Fr aux Etats-Unis, qui s'était limité jusque là que par des featurings unidirectionnels (genre des rappeurs américains sur des albums français principalement). Pourtant, le disque manque cruellement de fond côté français et on pointera du doigt un léger manque d'investissement de la part des deux tiers des Purple City malgré les bonnes productions de Don Bishop (qui a déjà produit pour Busta Rhymes, Sean Price et Jus Allah).

Donc pour la note: 10/20 + 1 point bonus pour le concept qui est une véritable première. En attendant la future compilation 'The Basement'...

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