
Après la mort de Notorious BIG, l'écurie Bad Boy manquait cruellement d'un vrai mauvais garçon. Ma$e rappait pour les filles avec ses reprises de tubes funk, Lil Kim aguichait les mecs et les Lox étaient en froid avec Puff Daddy, etc... Restait Black Rob, un écorché vif sortit tout droit des ghettos de Harlem, avec un passif très lourd qu'il crachait sur micro avec un talent incroyable. En 2000, BR fait un hold-up surprise dans le rap game avec 'Life Story' et le street-single incroyable "Whoa!" qui a fait un véritable tabac. Résultat : disque de platine, le minimum syndical chez un label en pleine heure de gloire mais sur le déclin...
Doué, Black Rob l'est assurément, que ce soit au niveau de son flow goudronné ou de ses rimes béton. Avec un certain don pour le storytelling de surcroît : l'introspectif "Life Story" et l'old school "Thug Story" sur un instrumental new jack swing. Ce premier album est purement et simplement new-yorkais dans l'âme, sans fioritures, avec le staff Bad Boy au complet : Mark Curry, Mario Winans, G-Dep, Mase et compagnie. Du vrai rap de rue comme on dirait chez nous, avec des très bons morceaux comme "Can I Live" feat The Lox. Bon, il est vrai que lorsqu'on bosse pour Puffy, les morceaux à public féminin sont au menu. On retrouve "I Love You Baby", extrait de 'No Way Out', et "Spanish Fly" avec la latina Jennifer Lopez pour le tube radio. Mais la véritable grosse bombe se trouve sur la piste 7: "Espacio". Acccompagné une Lil Kim en très grande forme, ce titre gonflé en basses et mélodie électronique brouille les méninges de façon irréversible!
A la porte du classique avec 'Life Story', Black Rob a prouvé que ses propres qualités de MC pouvaient mériter un succès aussi bien commercial que d'estime tout en restant fidèle au ghetto. Et à Puff Daddy de démontrer encore une fois qu'il a un flair indéniable pour recruter des rappeurs à fort potentiel.