Il lead ses troupes, avance dans l'épais brouillard hivernal
Coupe branches et autres feuillages
Susceptibles de lui gêner le passage
Il précède la cohorte, un vent de peine le porte
Il tient la lanterne de la haine... pauvre démon nous connaissons ton nom
D'un hochement de tête, ses adeptes
Tuent, volent, violent, traquent, insultent, punissent
Truquent, cachent, fauchent, maudissent mais ils le subissent
Derrière lui, en file indienne
Une masse de gens le coeur en peine saignent
Et feignent de ne pas entendre les râles de ceux qui se plaignent
Ils se trainent, précédés par ceului qui daigne les guider par delà les plaines
Hors de leurs souffrances internes quotidiennes
Refrain
Et là où le mal les emmene tous sur le chemin
Du jour où ils s'éteindront tous, tués de sa main
Combien l'auront rejoint ? Combien ? Combien ?
Sur ce chemin, il les tient !
La démarche lente, la foule semble sienne, la foule semble sienne
Son murmure les hante, il les imprègne, il les imprègne il avance...
Lorsque le moral des troupes est au plus bas
Il s'applique et fait des merveilles du plat
De la langue, si sa rhétorique était un fruit ce serait une mangue
Plus de distinction entre le yin et le yang
Le sujet se délecte, essaie de sucer le noyau puis s'étrangle
Des cliquetis, petits déclics à l'esprit
Il les oblige, il les incite et il insiste
Il les rend si tristes dans leur bonheur d'écraser
De laisser à feu et à sang la terre
Femmes enfants en temps de guerre jamais il n'est si fier
En temps de guerre le mal s'abreuve de la misère...