The Diary

Photo de Scarface ©

Scarface

De l'encre, un papier et des mots

Publié le dimanche 11 juin 2006 par Coca
Imprimé le mardi 02 décembre 2008

Cher journal,

Je ne t'ai pas écrit depuis un bon bout de temps. Tu m'excuseras mais j'étais à l'hôpital. Oui à l'hôpital car lundi en quittant le pas de la porte, j'ai eu tout juste le temps de faire 500 mètres que trois hustlas, à bord d'une Impala '59 rouge arrivant en trombe, ont ouvert le feu à l'aide d'un Tech 9. Je ne me rappelle que de la vision de ce drive-by et j'ai le souvenir que mon corps lourd et fumant s'est écrasé sur l'asphalte brûlante. J'ai eu les échos que c'est mes deux homeboy N.O. Joe & Mike Dean qui m'ont emmené à l'hosto, alors que beaucoup dans l'entourage voyaient déjà le drap blanc (« The White Sheet ») me recouvrant.

Ce n'est que mardi, le lendemain que j'ai réussi à m'éveiller après la réanimation, mon état cardiaque était critique mais je ne sais par quelle force, j'ai survécu. A mon chevet ma mère pleurait, je ne suis pas mort donc à quoi bon pleurer, jamais je ne verserai de larmes. Je la serre dans mes bras. J'ai simplement dans l'idée de m'occuper de ces ‘punk ass' et faire couler le sang.

Le docteur veut me garder une semaine, hors de question. Mercredi même je quitte cet endroit. J'ai qu'une seule envie, c'est de buter ceux qui ont voulu me mettre six pieds sous terre. Ils ne savent pas à qui ils ont à faire. Je suis Scarface et je vais m'occuper d'eux comme « Jesse James ». Je suis ce « G's » et ma place c'est Houston, à moi seul je suis une menace mondiale.

Tu vois journal, tu sais dans quoi je vis, mon seul pote est mon 45. et ma meuf est ma misère. Dans le South il y a un tas de gangstaz & d'hustlaz, c'est la guerre des gangs ici. Je me dois de protéger ma part du gâteau, je ne me gênerai pas de buter un membre du gang rival. Tu vois c'que j'veux dire ?! Attends j'ai pas fini de te raconter l'histoire : jeudi je suis descendu dans le territoire de ces ‘punk ass', ma vengeance fut plus grande que le Texas entier, mon glock aussi percutant que le rap et j'ai farci le premier que j'ai vu dans ce ‘neighborhood' avec mon attitude aussi cool que le funk. Il était allongé, grelotant et avait viré au blanc. J'ai vu la peur dans ses yeux mais pas de larmes. J'ai entendu son dernier souffle. J'ai vu un homme mourir (« I seen a man die »).

Il n'y a pas deux Scarface, je suis le seul (« One »). Je leur ai donné un avant-goût de ma vengeance. Je n'en ai pas fini avec eux. Mais tu vois journal, je peux être aussi chaud que le soleil de Californie tout en étant aussi cool que l'indo, tu vois c'que j'veux dire !? Je vends cette dope, les rues sont infestées de ma coke, j'ai mes ‘hoes' et je plane avec ma ‘weed', tout roule (« Goin' Down »).

Tu te demandes sûrement ce qui c'est passé ensuite. C'était vendredi, aux environs de 8 p.m., je matais la télé, mais je ne sais pas pourquoi, une étrange atmosphère planais dans le quartier, c'était calme. Comme c'est toujours calme avant la tempête. Je préférais rester sur mes gardes encore une fois (« One Time »). Aux infos, ils ont balancés mon arrestation lorsque je me suis fais serrer ce matin, ça faisait deux ans que les fédéraux étaient sur mon dos. Ils voulaient ma tête pour que cesse le trafic d'armes, pour que je cesse de revendiquer la dope autour de moi, que la violence s'arrête, je fais la controverse de ce pays et du monde entier. Je suis Scarface et tu le sais journal. Je peux écrire ce que je veux sur toi, tu me crois. Ils disent qu'à moi seul je suis l'influence malsaine de la jeunesse. Pourtant ce n'est pas moi qui ait inventé ces armes. Ils veulent la chute du seigneur de l'underground mais je ne faiblirai pas. J'ai le soutien de mon homie Ice Cube. H*Town-Cali même combat. Je n'ai pas la main morte sur ce corps sans âme que sont les U.S.A (« Hand Of The Dead Body »)

Un peu plus tard dans la soirée vers les 11.30 p.m., j'ai décidé de faire une virée. J'arpentais les rues sombres au volant de mon impala '67, toujours avec un 9 sur moi, et une 47 sur le siège passager. ‘Indo' dans les poumons, du lethal dans les veines, j'allais terminer ce que j'avais commencé. J'imaginais déjà comment j'allais opérer, tout un tas de scénario défilait dans ma tête (« My Mind Playin' Tricks On Me »). Arrivé sur 157 st, le carnage allait pouvoir commencer.

Je me suis arrêté au coin de la rue, j'ai sorti la AK et ‘Booooom', 1, 2, 5, 9… J'arrosais tout ceux que je voyais avec leur faux style de ‘G', leurs ‘White-T's' viraient aux rouges sombres, leur corps tombaient comme un château de cartes, je pouvais sentir la chaleur ardente de mon arme, les balles fusaient comme une explosion de magma. Le paysage était chaotique. Je n'entendais que le bruit sourd et assommant des douilles qui s'échappaient de cette bouche métallique, pour s'écraser sur le bitume. Un véritable massacre. Il y avait bien une vingtaine de corps inertes. Quand le calme est revenu, j'en ai vu un qui tentait de prendre son calibre près du corps de son pote, il était pitoyable. Ne pouvant rien faire, je me suis approché de lui. Je l'ai regardé fixement dans les yeux. J'ai pointé mon ‘gun'… et j'ai tiré.

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