III : Temple of Boom

Photo de Cypress Hill ©

Cypress Hill

Boom box

Publié le samedi 05 août 2006 par Killafornia
Imprimé le dimanche 12 octobre 2008

1995, période sombre pour Cypress Hill. Sen Dog, le second rappeur du groupe, décide de quitter temporairement ses compères pour se pencher sur son projet de rock fusion avec le groupe SX10. Il pose néanmoins sur l'album, souvent au refrain ou en fond sonore accompagné de Shag mais rappe rarement sur un couplet. Mais ce n'est pas le principal problème de Cypress, en effet, ils entrent en diss (clash) avec l'un de leurs meilleurs potes, le très influent Ice Cube. B-Real accuse ce dernier d'avoir volé un des beats de DJ Muggs ainsi que certains des textes de Cypress Hill. L'ex-NWA et sa Westside Connection se sont alors empressés de clasher le trio enfumé avec le titre « King of the Hill », auquel les principaux intéressés vont répondre avec le titre « Ice Cube Killa », où les Cypress reprennent le beat de la Westside Connection en clin d'œil, avec le culot d'aller chercher un artiste, Shag, dont la voix fait étrangement penser à celle d'Ice Cube, histoire de le ridiculiser en le faisant crier les louanges sur l'Eastside.

Mais rien ne laissait présager la bombe qui allait arriver. « III : Temples of boom » est de loin l'album le plus sombre et sûrement le plus personnel de B-real et DJ Muggs, assisté par un certain... The Alchemist ! Ici oublions les instrus mixées de Jazz, de Soul et de Blues qui avaient propulsés les deux premiers albums du trio de L.A au devant de la scène de rap latino, et faisons place à des instrus très noirs, flirtant avec la mort, quasi cérémoniales, accompagnées de l'habituelle basse lourde et essentiellement teintées de Blues auquel s'ajoute quelques fois quelques riffs de guitares ainsi que beaucoup d'autres instruments (trompettes, violons,…) et surtout des percussions signée Eric Bobo qui introduisait alors le groupe. Bref, des beats extrêmement sombres, très riches et variés comme seul sait le faire Dj Muggs, qui trouve alors la une réelle vocation pour ce style. Quelques titres à l'honneur de la Marijuana viennent parfumer l'album, marque de fabrique définitivement "Cypress Hillienne" (Sachons qu'à l'époque, Dj Muggs, produisait aussi House Of Pain qui disposait comme marque de fabrique de textes sur l'alcool ainsi que le groupe Funkdoobiest qui lui était penché vers le côté Pornographique) comme l'indique les titres « Spark Another Owl », « Stoned Raiders », « Red Light Visions » ou encore « Everybody Must Get Stoned ».

Mais période de clash oblige, la plupart des titres de l'album sont destinés à Ice Cube, en témoigne les excellents « Throw Your Set In The Air », « Killa Hill Niggas » (produite par RZA), « No Rest For The Wicked » (en référence au titre « Wicked » produit à l'époque par Muggs sur l'album « The Predator » d'Ice Cube), « Make A Move » (introduit par l'excellent monologue de Samuel L. Jackson dans Pulp fiction) ou encore « Killafornia ». « Strictly Hip Hop » est un titre en l'honneur de ceux qui ne « prostituent » pas leurs sons pour vendre. Côté featuring, on retrouve l'excellent Capitan Pingaloca ainsi que deux amis originaire de Staten Island aka Shaolin Island, les deux Wu Tang members RZA et U-God sur l'excellent « Killa Hill niggas ». 1995, une date importante dans l'histoire de Cypress Hill puisqu'elle montre un B-Real au sommet de son art vocal et lyrical ainsi qu'un Dj Muggs qui s'oriente vers des beats plus sombres et macabres. Cypress Hill est alors à l'apogée de son talent.

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