
Après un street-album ('Road to the Riches'), un projet en commun avec le groupe de rap français Baryo ('Paris to Purple City'), voici venir le premier album officiel des Purple City, sobrement intitulé 'The Purple Album' (Babygrande/Koch Records/Nocturne). Ce trio évoluant au sein des Dipset sous la houlette de Jim Jones, leur producteur éxécutif, est composé de Shiest Bubz, Un Kasa et Agallah The Don Bishop (aussi producteur). Nul besoin de buzz donc pour cette triplette de rappeurs qui surfe sur la vague des Diplomats en plus d'être encensée par le magasine The Source qui voit en eux le second souffle du gangsta rap.
Première chose qui frappe, les Purple City ne sont pas si unis qu'ils le prétendent car Un Kasa, Shiest et Agallah ne font pas un seul morceau ensemble et restent éparpillés par combinaisons ou en solo, sans compter les nombreux guests. Deuxième détail d'importance, Agallah n'a pas la main mise sur la réalisation de cet album, apparemment trop occupé à cause de la sortie de son album 'You Already Know', qui sortira prochainement. Troisième et dernièrement, là encore le genre de chose qui à l'art de lasser très vite, les sujets très tendance : "Gangsta", "Go Head", "Hustlers", "Picture Me Rollin",... Les Purple City réinventent l'eau chaude avec du réchauffé. Mais ça peut plaire...
Autre effet de mode, les sonorités sudistes marquées sur la première moitié de l'album pourpre. "Trap Nigga" se moque ouvertement de la trap music sudiste de Young Jeezy en reprenant même ses gimmicks, puis l'up-tempo "Nick Nack" trop Dirty South et "Bank Roll" qui invite B.G. pour l'occasion histoire de pousser le vice jusqu'au bout. Pas glorieux pour un groupe censé être new-yorkais, ça fait limite peur. Mais bon, tant que c'est susceptible d'appâter les amateurs du genre... Toutefois, ce disque est sauvé par quelques featurings prestigieux, à savoir Tek & Steele et Buckshot du Boot Camp Click (sur "Hustlers"), deux productions de Dame Grease même s'il leur a revendu des beats de seconde-main, et des titres du genre "Fly High" et "Grind Slow" qui sample une chanson d'opéra.
En laissant un peu de mauvaise Foi de côté, 'The Purple Album' est convenable mais sans plus. Pourtant le groupe a de la ressource, c'est bien là le comble. C'est un peu comme un film d'action avec Steven Seagal : des cascades amateurs, des dialogues qui ne font pas plus de trois mots, on sait ce qui va se passer et ça ne se regarde qu'une seule fois. Cela relance le débat sur le rôle des directeurs artistiques, les A&R, qui conseillent les artistes pour leur indiquer quelle voie prendre. Si un jour vous croisez Carlos Rodriguez, la personne qui gère les Purple City, jetez-lui des tomates sur la gueule!