Tragédie d'une trajectoire

Photo de Casey ©

Casey

Femme Hardcore

Publié le dimanche 07 janvier 2007 par Hamed
Imprimé le vendredi 25 juillet 2008

A l'heure où le rap féminin est trop peu représenté, quelques unes émergent pour prouver que les chromosomes n'ont aucune influence sur le talent, Casey en est le parfait exemple. Des années de rap, majoritairement en compagnie de La Rumeur et de son collectif Dooeen' Damage, c'est en 2006 qu'elle s'illustre en solo, un maxi « Ennemi de l'Ordre », où l'on retrouvait la chanson « Dans Nos Histoires », puis un street-album, que l'on devrait plutôt considérer comme une sorte de Best-of, vu le nombre de tracks présentés (pas moins de 64 tracks plus ou moins récentes), puis elle nous sort sont premier album en Novembre, intitulé « Tragédie D'Une Trajectoire » (sorti sur le label « Anfalsh). Voilà pour les présentations, alors que nous réserve cette Tragédie D'une Trajectoire ?

Elle commence par une petite présentation d'elle-même, et de sa vision de la société, dans l'éponyme « Tragédie D'Une Trajectoire ». Le son est bien saignant, seul souci, c'est qu'on sent trop la persécution dans ses paroles, ça démarre sur les chapeaux de roue. La musique n'est pas son fond de commerce, mais un acte de revendication: elle le précise bien dans « Pas A Vendre », où elle critique vivement le Rap Biz, les rappeurs qui « Baissent Leurs Frocs » pour percer dans la musique, et d'autres critiques ouvertes envers le Rap généralement. Discours bref dans « Qui Sont-ils », où elle énumère les ennemis de la banlieue, sans oublier bien entendu de parler des forces de l'ordre. Description du mode de vie de son pays d'origine (Guadeloupe), sur « Chez Moi », un son plus posé, des paroles profondes qui décrivent et dénoncent également. Un refrain plutôt significatif, des couplets dénonciateurs, et le rap bizness en prend encore pour son grade, on retrouve tout ça dans « Une Lame Dans Ma Veste ». Et pour ne pas baisser de régime, un flow toujours aussi hardcore, une grosse guitare qui s'accentue en début de 3ème couplet, de quoi donner de l'ampleur.

Une track qui prouve encore ses prouesses au stylo, voici le lourd « Suis Ma Plume ». On continue sur le thème des rappeurs français (apparemment elle a décidé littéralement d'en descendre), dans « Mourir Con », un genre de diss track sur laquelle elle pond des lyrics impressionnants, et un flow toujours aussi tranchant. La baisse de régime ne sera pas de guise sur « Ma Haine », accompagnée de ses potes Bjames & Prodige. Elle n'oublie pas de parler de son fief « Banlieue Nord », et de ses éternels potes tout en avertissant les autres, comme sur « On Ne Présente Plus La Famille » dont Ekoue de La Rumeur se retrouve en featuring. On retombe à nouveau dans ce sentiment de persécution dans « Je Lutte », puis l'album finit sur « Quand Les Banlieusards Sortent », description de la mauvaise image des gens sur la banlieue, abusive il faut l'avouer, mais bien racontée.

Au final, un album lyricalement très bien maîtrisé, les productions le sont tout autant (principalement assurées par Hery & Laloo), un album vraiment bon. Voire meilleur si ce n'est ce sentiment de persécution n'était pas aussi récurrent (et d'ailleurs on le retrouve très souvent dans ses interviews), c'est dommage. Hormis cela, l'album est dans sa globalité très bon, on sent qu'elle est à son aise, et dégaine un flow ravageur, qui déclasse bon nombre des ses égaux du sexe opposé . Un bon démarrage pour elle, qui on espère, nous fera du très bon par la suite.


P.S. : L'album est entré 180ème au top album des ventes .

- The Carter -

Version imprimable tirée du site www.Rap2k.com
RAP2K.COM © Toutes reproductions totales ou partielles sont interdites