
Second album pour Young Jeezy, le fameux rappeur originaire d'Atlanta connu et reconnu pour ses gimmicks à répétition ("heyyyyyyyyyy", "that's riiiiiiiiiiight", "haha" sans oublier le fameux "yeeeeaaaaaaahh"), ayant réussi à se faire un nom sur la scène rap par un premier album ("Let's Get It : Thug Motivation 101" certifié platine) grâce à une très grosse promo et d'un soutien assez important de son boss de label, Jay-Z (faut-il encore le rappeller?). Ainsi un défi s'impose logiquement pour notre MC : confirmer, c'est-à-dire faire mieux ou aussi bien que le premier album, à la fois au niveau des ventes et au niveau de la qualité. Un peu plus d'un an après, Young Jeezy revient avec The Inspiration, toujours avec un buzz intact, notamment gràce à des mixtapes plutôt réussies et à de nombreux featurings sur des sorties majeures (Bun B, Christina Milian, Rick Ross, Ludacris).
Jeezy commence cet album par un "Hypnotise" peu convaincant, et enchaine sur un "Still On It" du même niveau. "You Know What It Is" relève un peu le tout même si ce n'est qu'après plusieurs écoutes que l'on se retrouve vraiment saisi par le morceau. "J.E.E.Z.Y." vient ajouter la touche club dans ce début d'album mais le faible niveau des lyrics vient entâcher la chanson (déjà pas son point fort) et on commence à se demander si notre 'trappeur' d'Atlanta ne nous fait pas le coup de nombreux rappeurs qui n'arrivent pas à confirmer leur talent derrière le micro sur le 2e album, d'autant plus ici que les productions sont pour la plupart assurées par Shawty Redd, qui était déjà aux manettes sur le premier album.
Mais après ce début d'album pas vraiment réussi, l'album démarre réellement. "I Luv It", produit par DJ Toomp (qui ne nous laisse pas sans nous rappeller "What You Know" de T.I.), fait monter le niveau de l'album un ton au dessus. Un titre street, un Young Jeezy maîtrisant l'instru à merveille, assure ici le premier gros titre de cet album : le single assuré pour faire décoller les ventes. Ce n'est que partie remise sur "Go Getta" signé The Runners, featuring R Kelly (décidément présent sur tous les bons coups en cette fin d'année), où le Snowman (surnom qu'a Young Jeezy en référence à son passé de dealeur de cocaïne) et Kells nous signent vraiment une performance remarquable. Ceux qui ont aimé "Soul Survivor" avec Akon ne pourront qu'apprécier. S'ensuit de cela "3 A.M." où il est vrai que la production de Timbaland pourra plaire à certains comme déplaire à d'autres, mais elle reste énergique, Jeezy nous livre ici une bonne prestation ce qui ne vient donc pas déteindre son Inspiration (même si on peut être un peu déçu que Timbo ne fasse pas un peu mieux sur ce coup là). "The Realest" produit par Drumma Boy maintient l'intensité de l'album à un niveau très élevé tandis que "Streets On Lock", où l'on peut tout de suite remarquer à l'écoute la présence du duo de producteurs de Miami Cool & Dre derrière les commandes, permet à Young Jeezy sur une instru assez entraînante de nous faire étalage de sa street credibility, tout en parvenant à développer des lyrics simples mais efficaces ajoutés à des gimmicks qui donnent une dimension supplémentaire à la chanson; deduisez-en par là qu'elles ne sont pas obsolètes (sur ce morceau en tout cas).
En parlant de street, mention spéciale à "Bury Me A G", véritable tuerie signé J.U.S.T.I.C.E. League reprenant un sample de Donald French, qui prouve que le rappeur de Def Jam innove dans cet album dans un registre où l'on ne l'attendait pas spécialement. Cette tendance se poursuit sur "Dreamin'" accompagnée par la voix de Keyshia Cole et sur "What You Talkin' Bout". Une fois de plus, le résultat est satisfaisant. "Keep It Gangsta" accompagné des membres de sa clique USDA (Slick Pulla et Bloodraw) correspond à une présentation officielle de ses accolytes par un thème désormais connu de tous. "Mr 17.5" montre une fois de plus que Young Jeezy parvient facilement à s'approprier un beat même s'il n'est pas de son style habituel pour en faire un son bien plus que convaincant tandis que "I Got Money" avec la présence du King Of The South T.I. reste moyennement réussi (peut-être est-ce le thème de la chanson qui crée cette impression). Enfin, Jeezy conclut avec "The Inspiration", un morceau plutôt bon même si l'on reste un peu sur sa faim.
Pour conclure, Young Jeezy nous prouve ici qu'il faudra compter sur lui pendant un moment encore et s'impose comme un poids lourd du rap sudiste dans le style de la "trap music", avec un album différent du premier sans pour autant constituer un véritable détâchement de celui-ci. Les moyens ont été mis au niveau de la production (même si l'on peut regretter l'absence d'une prod de Mannie Fresh), mais le Snowman assure la plupart de ses morceaux en solo, maintient un bon flow tout au long de l'album, balance toujours ses gimmicks (même si elles se font moins remarquer négativement dans cet opus) et confirme les espoirs placés en lui. Les fans du personnage seront à coup sûr servis et trouveront l'album meilleur que le premier, les sceptiques qui n'ont apprécier que les singles de "Let's Get It : Thug Motivation 101" le trouveront probablement moins bon dû au fait que les hits formatés d'avance sont moins nombreux ici.
"Last album did two, I'm just tryin' do three", I luv it."
Voyons s'il tient son pari.
- Chronique de Shyne -
Note de Shyne: 16
Note de Bobby Milk: 10
Moyenne: 13