
Sans doute pas le plus flashy des Diplomats, ni même le meilleur rappeur de la bande, Jim Jones avait réussi à tirer son épingle du jeu avec ses deux premiers opus solo, On My Way to Church (qui contenait le street anthem « Certified Gangsta »), et le sympathique Harlem : Diary of a Summer. Un peu à l'image de Sheek Louch au sein de D-Block, Jim Jones est capable de créer la surprise sans pour autant attirer les suffrages du public, c'est donc sans a priori particulier qu'on attendait son retour aux affaires, avec Hustler's P.O.M.E. (Product Of My Environment).
Avec des airs de Sean Paul sur la cover de l'opus, Jim Jones avouerait presque son statut de rappeur en vogue à New York (son crew l'est, tout du moins). Aussi, porté par son tube « We Fly High » (produit par Zukhan), le Diplomat propose une tracklist conséquente de vingt pistes (dont deux interludes), et quelques collaborations triées sur le volet parmi ses habituels compagnons de route : Hell Rell, Juelz Santana, Cam'Ron sont donc logiquement de la partie, tout comme Max B (sur sept titres), ou encore Lil Wayne (pas si surprenant au regard de ses projets en commun avec Juelz Santana). Entre sonorités sudistes et plus ancrées dans l'ambiance new yorkaise (« So Harlem »), les beats restent dans la tendance habituelle du côté du Dipset. Pour autant, l'absence des producteurs habituels du crew se fait ressentir à plusieurs reprises. Ainsi, la patte des Heatmakerz laisse un vide sur des morceaux à l'instru sans saveur comme « Reppin' Time » (sur lequel les Runners ne sont pas au meilleur de leur forme), le raté « Get it poppin' » (signé Chink Santana, qui produit le bien meilleur « My Life » en fin d'opus), ou « Weatherman », sur lequel Lil'Wayne, Jones et Stack Bundles luttent en vain pour sauver une productions banale de l'obscur Majik. Heureusement, tous les morceaux ne sombrent pas dans le même écueil, à l'instar du très bon « Bright Lights, Big City », sur lequel Max B entame une bonne série de featurings (pas tellement variés, mais globalement efficaces). « Pour Wax » (ft. Hell Rell) donne également le change de belle manière, tout comme la combinaison Cam'Ron, Juelz & Max B sur « Pin The Nail ».
Ambitieux, Jim Jones livre finalement un troisième opus sans grande saveur. Mis en difficulté par trop de productions au rabais (« Concrete Jungle »), l'ensemble garde le cap grâce à quelques tracks (malheureusement trop rares) sur lesquelles on entrevoit les qualités dont Jones avait fait étal lors de ses précédentes sorties. Nul doute que de plus gros efforts portés dans le choix des producteurs devraient rétablir son statut d'outsider solide lors de ses prochaines aventures.