Revoir un printemps

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IAM

Mon-automne

Publié le mercredi 25 avril 2007 par Raging Bull
Imprimé le mardi 14 octobre 2008

Longtemps, trop longtemps. C'est approximativement le temps qu'ont mis les Marseillais d'IAM pour donner une suite à leur indémodable L'Ecole du Micro d'Argent. Intitulé Revoir un Printemps, l'opus semble signifier le renouveau du groupe, envers lequel les attentes sont presque aussi lourdes qu'insurmontables. Plus mâtures, plus réfléchis, dans un état d'esprit assurément réaliste à défaut d'être resté mystique, les membres d'IAM sont demeurés incompris avec cette livraison, pourtant pas dénuée de charme et d'intérêt.

Attendu comme la suite des tribulations (de l'Empire) du Côté Obscur, Revoir un Printemps prend le contre-pieds de cet héritage imposant. Plus attachés à la fresque sociale que jamais, Akhenaton, Shurik'n et un Freeman très présent, misent sur la force des idées plus que sur les images cinématographiques et sensationnelles d'hier. Ainsi, « Stratégie d'un pion », « Quand ils rentraient chez eux » ou « Armes de distraction massive » brossent un portrait acide d'un paysage social et culturel écaillé. Plus loin dans la contestation, et comme pour marquer un réengagement dans le dialogue politique (qu'Akhenaton, notamment, avait préférer délaisser, de son propre aveu), les Marseillais évoquent non sans amertume l'épisode douloureux du « 21/04 » comme une entaille dans le buste de la République, avec un refrain clin d'œil au grand « Manifeste » (Où je vis). Marqué par des collaborations du prestige, ou autant de preuves de la reconnaissance certaine accordée au groupe, Revoir un Printemps accueille Syleena Johnson pour le bon « Ici ou ailleurs », Beyoncé pour le mitigé « Bienvenue », ainsi que le duo infernal Method Man & Redman pour le tube « Noble Art » et sa flûte sautillante. Autre présence, moins prestigieuse mais efficace, Kanya Samet vient donner de l'âme à « Nous » en y déposant sa voix douce et écorchée.

Malgré de bons moments, à l'image du bien nommé « Second souffle » (produit par Khéops), du piano virevoltant de « Aussi loin que l'horizon » (Imhotep) ou du solide et vigoureux « Mental de Viêt-Cong », Revoir un Printemps reste un album en demi-teinte. Plus représentatif de l'évolution personnelle qu'artistique des membres du groupe (à l'image du titre éponyme sur lequel ils évoquent avec candeur leur vie de famille), le cru 2003 d'IAM s'avère difficile d'accès, presque hermétique par moment, sans pour autant manquer d'intérêt. Enfin, la mainmise d'Akhenaton et de Shurik'n dans la confection des beats semble ne pas servir la créativité habituelle du clan marseillais. Trop de titres passent inaperçus dans une mosaïque aux couleurs presque éteintes, délavées

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