Comin' Out Hard

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8Ball-MJG

Pimps In Da House

Publié le dimanche 20 mai 2007 par Prody-G
Imprimé le mercredi 09 juillet 2008

On est en 1993, à Memphis (Tennessee), je marche dans la rue, un soir, je rentre du travail. Ici, le boulot est dur et paye très peu. Impossible de nourrir sa famille juste avec ce salaire de misère. Je rêve de dollars, de putes et de grosses voitures, chaque soir en rentrant. Chaque soir, j'me dis qu'un jour ça changera, que j'niquerais ce putain d'monde, que j'serais « On Top Of The World ». Fini ma vie à trimer pour ramener deux malheureux dollars par jour. Ca y est, c'est décidé, j'me casse. J'vais faire de l'argent par d'autres moyens, illégalement. Peu importe la façon dont je vais le faire, c'qui compte c'est la somme.
“Now, I was broke as a muthafucka, my life at the end, see/my so called friends, they had no ends to lend me. /My job at Mickie D's was fuckin me with no grease/I worked so damn hard, but the money, it never increased. /I quit my fuckin job, I had no job nigga/Put on the mask, get the gloc, it's time to rob nigga.” (Eightball – “Mr. Big”)

Pas moyen de mettre mon plan à exécution tout seul. Il me faut un associé, de préférence un mec qui soit dans la même galère que moi. Un gars qui s'y connaisse un minimum dans les combines illégales. C'est pas très dur à trouver, ici y'en a des dizaines, voire des centaines. Marlon, lui il s'y connait. Ce mec-là se prend déjà pour un pimp, il n'y a qu'à voir comment il traite les filles du quartier, aussi il se fait appeller par ses initiales « MJG ». Mais j'pense que même s'il est un peu barré, au fond de lui, il sait très bien qu'il ne changera pas sa vie en rêvant les yeux ouverts. Il peut devenir mon associé, ouais, on va monter un coup ensemble, tous les deux et puis on va gravir les échelons petit à petit. Bientôt la ville sera à nous.
“Pimpin' hoes was some shit that came easy to a playa/Cause ain't no way in hell a bitch could get me to a bail/And how in the fuck I'll ever make some money if I'm pail/My hoes sell pussy at the party for the mayor/400 for the chewin, 100 for the mackin/1,000 for the fucking, 200 for the jackin/Soon as the day is over, my bitch is checkin in/I'ts just like deja vu, again and then again bitch” (MJG – “The First Episode”)

« Where's my money?! Bitch! », Marlon en plein dans ses délires. J'lui parle de mon plan, de mes projets, de cette merde, qu'on ne fera rien de notre vie, qu'ici, il n'y a pas d'avenir pour nous. « Mais concrètement, tu veux faire quoi ? » me rétorque-t-il. « On va faire un braquage à main armée ! ». Il se marre et me lance: « Toi?! Le gros-là, tu veux faire un braquage? Tu ne peux même pas courir un 100 mètres. ». J'le prends par le col, furieux, ce mec-là ne savait pas de quoi j'étais capable. Lui c'était un looser, la peau sur les os et après il se dit être un « fat mac ».
“I'm big as a muthafucker, I don't look fast/but I'll jump up quick and stick my dick in yo ass.” (Eightball – “The First Episode”)

Une semaine plus tard, Marlon roule avec moi. Le braquage est prêt, on l'a planifié au millimètre prêt. C'est l'moment pour nous d'agir. Je sens déjà les dollars me brûler les mains. Cette fois ma vie médiocre est finie, on va devenir riches et jouer les pimps en Cadillac. Je passe le prendre en début de matinée, le matos dans le coffre. On se gare sur un parking, tout près de la banque choisie. On enfile nos masques, on vérifie nos flingues, on a que 9 balles mais ça devrait suffir… Juste avant de passer à l'action. Il me dit : « Là-bas, il ne faudra pas avoir peur de tirer, j'veux pas y rester, plutôt tuer que de finir 6 pieds sous terre au premier braquage. ». J'acquiesce avec la peur au ventre.
“Now I was clicking out my barrel just to see if it was loaded/checking out it's bullets just to make sure it won't explode this/hand around of the handle of my snub, no skill/I must be for real in the procedure for a kill” (MJG – “Armed Robbery”)

On entre dans la banque, armés et cagoulés, on brandit nos glocks en criant. On n'hésitera pas à tirer s'il le faut. Tout s'passe comme prévu, l'employée flippe, nous file la clé et fourre la thune dans le sac. MJG est obligé de buter le garde, il avait sorti son 9mm. J'file un coup de crosse à une pétasse un peu trop excitée. Elle dort pour au moins une heure ou deux, aucun client n'ose s'interposer. Mourir en se prenant une balle par un petit gros et un grand maigre n'était sûrement pas le projet de vie de ces gens-là. Personne n'a prévenu la police, on se tire rapidement. Je saute dans ma caisse et récupère Marlon avec le fric. C'est bon, on est sain et sauf.
“Stood around the corner while I cased out the bank/busted in the door and stuck the guard wit' a shank/ran up to the counter pull the gun out wit' the quickness/shot the bank teller so it wouldn't be a witness/fled out the door with the money in my left hand/still in my right hand running like a wild man” (MJG – “Armed Robbery”)

On se gare près du Mississippi et on commence à compter la thune. « 6 800, 6 900, 7 000 … 7000 $, MJ', on a un beau butin, on va pouvoir commencer la grande vie ! ». « Pimpin' ain't dead ! » s'écrie-t-il. Comme quoi les histoires de hustlers finissent bien parfois. Avec ce coup-là, on arrive brutalement, on va continuer à monter un tas de coups de ce style, peut être pas des braquages, Marlon semble vouloir jouer les proxènètes …
« I'm comin' out hard» (Eightball – “Comin' Out Hard”)

- Prody-G as Eightball -

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