
Luxure, stupre, exubérance, tel est le ménage-à-trois d'adjectifs qualificatifs pour Diamonds & Pearls. Paru en 1991, cette fameuse cuvée 2 Prince & The New Power Generation a déchaîné les foules, et pour cause : cette oeuvre une pure incitation à la débauche. Alors autant rentrer dans le vif du sujet. Lorsque « Cream » débarqua sur les chaînes télés avec ces airs de guitares ultra-sensuels, le public a été littéralement euphorisé par cette métaphore filée dédiée à la … fellation. Il fallait oser, mais il fallait s'en douter à la façon dont Prince manie sa guitare comme un chibre turgescent. Plus sulfureux, « Gett Off » est le genre proposition indécente qui appelle à l'acte charnel passionné en 22 positions, dans l'incandescence provoquée par des riffs de guitare électrique et cet air de flûte qui mène la danse du ventre (et des hanches). Et pour une ambiance chaude et humide, faites transpirer les phéromones sur le déluge torride qu'est « Thunder », le tout orchestré comme une bande originale de ballet érotique.
Nous sommes donc au début des années 90, une période faste pour le Hip Hop et le New Jack, et Prince y a su parfaitement adapter son P-Funk. Minneapolis est dans la place avec « Jughead », une chanson au beat Hip Hop diablement funky, où l'on surprend même le Kid et les NPG en train de rapper ! Un cran au-dessus se trouve le tonitruant « Push », plus infectieux et dansant encore, bien emmené par des violons qui font sensation disco. Dans tout ce remue-ménage ambigu, l'amour et le romantisme sont bien sûr au beau fixe avec la parade nuptiale « Diamonds & Pearls », un magnifique duo avec Rosie Gaines (qui n'a rien à envier à une Aretha Franklyn en terme de puissance vocale). Les mid-tempos pop/funk (« Strollin' », « Walk, Don't Walk »,…) calment le jeu de séduction par des fantaisies urbaines agréables, avec un certain regard sur l'envers des décors métropolitains sur « Money Don't Matter 2nite ».
« Live 4 Love », le bouquet final de Diamonds & Pearls, arrive comme un orgasme musical explosif, un coït de plus de six minutes qui survient après avoir traversé des moments intensément sexuels entrelacés par des tornades dancefloors et des ballades dans Erotic City. Prince au summum de son tempérament. Pour adultes uniquement.