
Los Angeles, la capitale des gangs nous est sans cesse présentée sous son côté obscur à travers les albums de gangsta rap. Et qui de mieux qu'un vétéran pourrait nous faire visiter, retranscrire sur morceau la mentalité, l'esprit de la cité des anges. Tous ces anciens connaissent bien la ville, puisqu'ils ont grandis avec elle, ils savent ses dangers, ses habitudes, ses pièges, mais aussi ses rêves brisés. A défaut d'un nouveau projet avec la Westside Connection, c'est avec surprise que l'on retrouve WC aka Dub-C en solo pour un album remplis de sons représentatifs de l'atmosphère californienne. Une excellente surprise puisqu'on n'osait plus espérer un retour après son "Ghetto Heisman" sorti sur Def Jam il y a cinq ans déjà.
En guise de come back, WC décide de frapper fort. Un nouvel hymne du nom de "This Is Los Angeles" orchestré par le déjanté Jelly Roll vient d'entrée de jeu mettre la pression et installer une ambiance pesante. Finie l'aventure sous Def Jam, c'est cette fois-ci sous la houlette d'Ice Cube, fier du succès de son dernier "Laugh Now, Cry Later", et son label Lench Mob Records, qu'il décide de confier son projet, il est d'ailleurs présent en arrière plan sur la cover. Un Ice Cube multi-présent aussi bien en tant que producteur exécutif, mais aussi derrière le micro lâchant quelques phrasés par-ci par la, plus spécialement sur l'une des tracks les plus marquantes de l'opus, "80's Babies". Un morceau lourd produit par Teek & Dee adressé à tous les natifs des années 80, car selon leur refrain, on est tous un petit peu leurs enfants: "If you was born in the 80's, I'm probably yo Poppa, because nine times out of ten I fucked ya Momma".
L'album est agrémenté de bons bangers souvent à coup de boucle de piano, comme cette bonne connection avec The Game sur "Westcoast Voodoo", le puissant et flippant "Paranoid" (produit par Mr. Porter), le titre "Guilty By Affiliation" dans lequel il explique que quoi qu'il fasse, il sera vu comme un mec venant du ghetto (d'où le nom de l'album). Malgré tout ça, d'autres pistes viennent faire une sacrée baisse de régime à l'ensemble comme le triste "If You See A Bad Bitch", "Jack And The Bean Stalk" et "Addicted To It". Ou ces tubes dancefloors parlant de meufs et qui nous lassent dès le premier refrain, comme "Look At Me, Side Dick". Au final son disque reste correct, toujours dans la lignée de ce qu'il nous a déjà dévoilé par le passé, même s'il ne sonne pas toujours westcoast dans les prods. Ses lyrics crus et les invités nous le rappellent toujours, comme sur l'excellent "Dodgeball", invitant Snoop Dogg et Butch Cassidy, ou sur "Gang Injunction" qui nous plonge dans l'univers des gangs de son quartier.
Toujours proche de son petit frère qui est également son DJ, il le laisse exercer son activité pour l'occasion sur un morceau entier histoire de montrer son savoir faire, et c'est 2'22 de folie que nous livre Crazy Toones. WC est un pionnier dans cette musique, bien connu par son flow atypique qu'il a bien sûr gardé ici, et pour côtoyer souvent Ice Cube et d'autres grande figures du mouvement, son succès n'en reste pas moins jamais à la hauteur de son talent. Peu importe après tout puisque avec ses albums, ses collaborations, son charisme, il ne laisse pas seulement un vague souvenir dans les esprits des Hip-Hoper, il reste très nettement populaire et ce, avec seulement trois albums solo en dix ans quand même!