
Le grenoblois Jeff Le nerf est encore peu connu dans le monde du Rap, mais il gagne à se faire un nom. Faisant ses premières armes hip-hop dans le monde du clash, il sortira par après plusieurs mix-tapes qui n'auront pas tout de suite marqué le monde du rap Français. Il n'empêche qu'il sera repéré par Kool Shen, qui le signe sur son label IV My People, et par ce fait-là, participera à plusieurs projets de compilations. En 2005, il sort son street-album "Le Nerf à vif" qui de nouveau restera dans l'indifférence totale malheureusement. Suite au rachat du label, ce dernier signera chez AZ, filiale d'Universal France, qui lui fera une totale confiance, la preuve avec cet album : Tout ce que j'ai.
Un album qui d'ailleurs ne décolle pas. Mais si l'on rentre dans le trip de Jeff, on peut vraiment apprécier le skeud. Autant le dire de suite, ce n'est ni l'album de l'année, ni l'artiste de l'année. Un flow peu efficace (voire simple) mais très bon dans les refrains. Lyricalement parlant, cela ne décolle pas haut non plus. Au point de vue des prods par contre, c'est du bon. On commence l'album en zappant l'introduction "Sale Réveil", le démarrage débute vraiment avec "Jeff Le Nerf est-il fou?", un morceau plus que valable nous plongeant directement dans son univers, où ce dernier explique un peu son parcours et son premier couplet est bien imaginé : "Le nerf veut tirer sur jeff sur scène entre deux prises". La suite de l'album avec le très bon "36 quai des horreurs", sur lequel Jeff remet en cause la jeunesse et le fait que tout le monde commet des erreurs, le tout avec une bonne instru (à base de piano). Bien véner sur le son le Jeff, dans la lignée de la track 2 : c'est du bien bon !
Ensuite l'album s'essouffle vachement, avec le très banal "Laisse nous brailler nos lifes" qui, hormis la production, reste très faible. Cela ne s'améliore guère avec le monotone "Tenue Hardcore exigée". On continue dans les sons sans originalité avec "Laissez rêver les mômes", même si le frain-re est de bonne facture. L'album reprend un peu du poil de la bête avec le bon p'tit "Les Chanceux" qui parle - comme le dit le titre - de "la chance". L'instru est vraiment excellente sur ce son et le reste tient bien la route (sans être exceptionnel non plus). "Si j'étais riche" est peut-être le meilleur morceau (bon p'tit délire sur la zik), racontant ce qu'il ferait en étant riche (il fallait s'en douter) mais sur un ton humoristique. "Elvira" et "MR le juge" sont deux morceaux qui sont pas trop mal, le premier cité parle d'une fille de tess et l'autre une lettre à un juge : deux bon morceaux. Ensuite arrive le très bon "Génération" où Jeff explique ce que la jeunesse est devenue (c'est-à-dire comment les jeunes se dégradent). On termine l'album par "Ma musique" et "Tout ce que j'ai", une fin écoutable mais qui laisse sur sa faim.
En conclusion un album qui se laisse écouter avec quelques bon morceaux, le reste tourne un peu en rond. Sans être l'album de l'année, c'est une assez bonne découverte.