
Originaire du XXème arrondissement de Paris, Idjal affûte sa plume dans le rap français depuis 2000. Quelques mixtapes et compilations précèderont son premier EP, Liberté en sursis sorti en autoproduction en 2004. Trois ans de patience plus tard arrive son véritable premier album Tiré d'histoires vraies, le rappeur se consacre principalement au ‘storytelling' pour relater les problèmes sociaux actuels, les déviances humaines et les erreurs du passé.
Flow rythmé et textes engagés lorsqu'il développe les sujets politiques et sociaux, ses prises de position et autres rappels de faits nous font prendre conscience de la « Dure réalité », celle de ces situations inacceptables dans les ghettos français, sans manquer de dresser un « Etat des lieux » (feat Larsen) dans les banlieues chaudes où se consument encore les braises des émeutes de 2005. Sa verve, son investissement et son refus de la politique d'aujourd'hui font de lui une sorte d'Ice Cube français, la mélancolie en plus dans ses paroles et retranscrite par des instrumentaux de très bonne qualité. Les claques se perdent sur « T'as rien compris » sur un son à la limite du dancefloor, puis au sens propre de l'expression sur la narration « Une goutte de trop », évoquant la destruction d'une famille entière par les méfaits de l'alcool (perte d'emploi, violences conjugales,...). Nous tenant constamment en alerte par ses décrets d'urgence et en haleine par ses récits (« En direct de la soute » feat Seven), Idjal a les deux pieds cimentés dans le présent mais ne se renferme pas forcément dans les complaintes et les quartiers, il exerce aussi un ‘devoir de mémoire' en relatant l'horreur de la deuxième Guerre Mondiale (« Victime du passé » feat Kery James & Farenheit et « Mémoire juive »).
Tiré d'histoires vraies tire un bilan assez lourd de l'actualité et des erreurs humaines à différentes échelles, de la fracture d'un cocon familial à un quartier difficile, une population sous tension, un pays sous contrôle et s'étend jusqu'à la misère tant omniprésente qu'oubliée sur les différents continents (« Enfant du monde »). Lorsque les choses semblent s'améliorer, c'est qu'on ne veut pas nous montrer ce qui ne cloche pas dans notre société moderne, et Idjal est là pour nous le rappeler.