American Gangster

Photo de Soundtrack ©

Soundtrack

The Return Of Superfly

Publié le lundi 07 janvier 2008 par Bobby_Milk
Imprimé le samedi 04 décembre 1909

Le Harlem des années 70 a connu de forts changements et une nette détérioration, la population - quand elle le peut - fuit la pauvreté, le manque d'école, le manque de travail, l'insalubrité, la violence, la drogue et la pègre qui rythme le quotidien de ses rues. Un tiers de ses habitants, pour la plupart noirs, se sente totalement délaissé et s'éloigne alors du quartier. A cette époque la Blaxploitation se développe et de nombreux films, indépendants et avec les moyens du bord pour la plupart, narrent ces histoires de rues, racontent la vie de la communauté noire pour la communauté noire avec un casting uniquement afro-américain. Une bouffée d'air, une démarcation vis à vis du géant hollywoodien qui n'employait les noirs principalement que dans des rôles réducteurs. Des centaines de films ont ainsi vu le jour dans cette période dont les plus connus : Foxy Brown, Dolemite, Shaft ou Superfly. De nos jours la Blaxploitation n'est plus mais Harlem, ses acteurs et son histoire ont inspiré beaucoup d'autres film par la suite : New-Jack City, Jungle Fever, Les Seigneurs de Harlem, Cotton Club et j'en passe. Plus récemment, American Gangster retranscrivait l'un des personnages les plus respectés et charismatiques de ces années 70, à savoir le gangster Frank Lucas et son parcours fascinant.

Réalisé par Ridley Scott et interprété par l'inégalable Denzel Washington, le scénario nous embarque dans cette période sombre de New-York en suivant et racontant la fulgurante ascension de ce dealer aux méthodes surprenantes et qui à l'époque était inconnu des services de police ou de la mafia. La bande sonore d'un tel film se voulait forcément imposante pour sentir et alourdir l'atmosphère du film. A défaut d'avoir convaincu Ridley Scott et Brian Grazer (producteur exécutif de la BO) pour réaliser entièrement ce projet soundtrack, Jay-Z a tout de même eu l'honneur d'avoir une de ses chansons installée durant le film, le magnifique "Heart Of The City (Ain't No Love)" extrait de son classique The Blueprint (qu'on regrette d'ailleurs de ne pas voir apparaître sur cette bande originale officielle). Voulant fidèlement conserver l'ambiance Soul/Blues des 70's, ils ont principalement fait appel au génie de Marc Streitenfield et surtout à Hank Shocklee du célèbre collectif de producteurs Bomb Squad pour la recréer, ou encore intégrer des anciens morceaux de cette époque. 9 morceaux sur 14 sont des nouveaux titres enregistrés entre Avril et Mai 2007, deux exclusivités d'Anthony Hamilton dont l'énorme "Do You Feel Me", un titre des Public Enemy "Can't Truss It" introduit maladroitement ici car s'intégrant mal avec le reste, et des solos des deux producteurs principaux pour la suite.

Les anciennetés ne sont pas celles qui vieillissent le plus vite, et des titres mythiques comme "Across 110th Street" peuvent aisément à eux seul marquer les esprits, on retrouvait déjà cette chanson de Bobby Womack dans le film du même nom mais aussi dans Jacky Brown. La preuve en est qu'avec le temps, les choix ne prennent pas de ride. L'ex-accompagnateur de Ray Charles, le guitariste à la voix légendaire Lowell Fulson a aussi été choisi avec sa célèbre reprise des Beattles "Why Don't We Do It In The Road". D'autres enfants du Blues comme John Lee Hooker avec "No Shoes", le duo dynamite Sam & Dave sur leur phénoménal "Hold On, I'm Comin'" ou encore le célèbre groupe familial The Staple Singers et leur tube "I'll Take You There" sont tous présents sur cette bande originale, qui finalement n'est pas si originale que ça mais qui à le mérite d'imprégner du mieux possible dans nos oreilles l'univers et l'esprit 70's.

Version imprimable tirée du site www.Rap2k.com
RAP2K.COM © Toutes reproductions totales ou partielles sont interdites