10 Years Of Bling Vol.1

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Cash Money

Family (Auto)Portrait

Publié le samedi 16 février 2008 par Raging Bull
Imprimé le lundi 13 octobre 2008

On peut ne pas adhérer complètement à la musique South et aux orgies musicales et visuelles qu'elle propose, mais il est impossible d'ignorer ce qu'ont représenté dans les 90's les labels phares du genre, Cash Money et No Limit Records en tête. C'est avec une mémoire encore fraîche (Fresh ?) que les Millionaires de Cash Money proposent une compilation rutilante, qui retrace dix années de Champagne et de strings, de Bentleys et de blunts. 10 Years Of Bling Vol.1, ou les plus belles années du mythe de New Orleans vues au travers des patrons du label d'aujourd'hui. Et les premières incohérences pointent déjà le bout de leur nez…

Retracer dix ans d'existence d'un label à la productivité débordante n'est pas une mince affaire, sauf si l'on fait volontairement l'impasse sur une partie pléthorique du catalogue. C'est l'option qu'on pris Lil'Wayne et Baby (tous les deux à l'affiche et aux manettes de l'ensemble) en éjectant sans sommation la pierre angulaire Juvenile de l'album de famille. Les clichés retenus ne sont donc pas forcément les plus réussis, et plane sur cette compilation un brin pompeuse (du coup…) comme une absence. Celle de l'auteur d'une foule de tube chez les Millionaires, sans doute la machine à hits la plus sûres de la bande de l'époque (et le plus gros vendeur, au passage). Problèmes de droits et brouilles à répétition, faux retour et vrai départ, Juvenile est donc éclipsé du voyage, au même titre que Turk, d'ailleurs (personne ne s'en souciera réellement, par contre). Pas de « Set It Off » ni de « Back That Azz Up », pas plus que de « Slow Motion » ou de « Bounce Back », le Hot Boy de ‘Nolia reste sur le quai, laissant à son second d'antan, Lil'Wayne, le rôle de premier de cordée.

C'est ainsi que l'adolescent du label (à peine sorti de l'enfance à ses grands débuts) place quatre titres sur onze en solo, dont les sympathiques « Get Off The Corner », « Tha Block Is Hot », ou encore « F*ck Tha World ». Une part du lion qui ne demeure pas si gargantuesque qu'il n'y paraît, puisque Cash Money résume en quatre morceaux (tirés de deux albums, Tha Block Is Hot et Lights Out, ses premiers) le parcours initiatique de l'autoproclamé Best Rapper Alive. Les autres héros du portrait de famille se nomment BG, pour un unique mais historique « Bling Bling », et Big Tymers, surprenants auteur de 5 des plus grands morceaux de la décennie (…). Avec les néanmoins excellents « Big Ballin' », « Oh Yeah » ou encore le puissant « Still Fly », Birdman et Mannie Fresh se présentent comme les hitmen les plus fiables de cette famille recomposée et décimées par les années. Heureusement, d'ailleurs, que les productions de Fresh n'ont pas été snobées elles aussi, puisque Mannie reste le seul et unique dépositaire d'une identité musicale désormais diffuse, et dont seuls le passé et les fans se sont fait bons gardiens. Si la qualité des morceaux restent globalement intacte, l'intérêt de la compilation, lui, flirte avec les oubliettes.

Cash Money, ou l'Histoire d'une dynastie où tous les coups sont permis, surtout les mauvais.

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