
Beat Assailant, ou les aventures d'un américain qui vient vivre de sa passion en France. Son Hip Hop est tout sauf coutumier, il est acoustique (tout comme The Roots et Hocus Pocus), et ceux qui l'ont découvert avec Hard Twelve vont en diront tant de ses performances scéniques. Rencontre électronique avec ce "one-man band-man" d'un autre genre.
Beat Assailant est une formation franco-américaine assez atypique. Comment toi, en tant que MC originaire d'Atlanta, as-tu fini entouré de musiciens français ? Raconte-nous un peu ton histoire.
OK. B.A. est mon blaze dans le rap. Je suis venu en France où j'ai rencontré Danny Wild (mon producteur) et on a commencé à faire de la musique ensemble. Le premier album était Hard Twelve, sur lequel on a travaillé avec Thibault Renard (cuivres) et Nicolas Gueguen (claviers). Après que l'album soit fini, on a décidé d'intégrer un groupe autour pour la tournée. C'est comme ça qu'on a commencé à tourner avec dix musiciens. Maintenant, après deux ans de concerts ensemble, on a fait venir tout le groupe en studio pour enregistrer Imperial Pressure.
Vous avez un style de Hip Hop acoustique vraiment unique (et génial), en mélangeant jazz, rap et même rock. Qui sont vos modèles, vos références musicales ?
Je pense que la chose qui fait que les BA ont un son unique, c'est l'échange d'idées entre moi, Danny Wild, Thibault et Nicolas. On a tous des différents backgrounds dan sla musique et ensemble, ça fait un mélange intéressant. On adore des artistes comme Hendrix, Freddie Hubbard, A Tribe Called Quest, George Clinton, Donald Byrd,...
Peux-tu nous expliquer le titre de votre 2e album, Imperial Pressure ?
Je voulais simplement que l'album soit un coin où les gens libèrent leurs pressions. Tout le monde est stressé dans la vie et la musique les aides à les soulager de ce stress. Je voulais donner aux gens une heure de fun, où ils peuvent penser à autre chose et oublier les soucis pendant un moment.
Durant l'écoute de cet album, on ressent beaucoup cette énergie des concerts, de la scène. Dans quelles conditions avez-vous enregistré cet album pour en arriver à ce résultat ? Quel était votre état d'esprit lors de la conception du disque ? Dans quelle direction artistique vouliez-vous aller après Hard Twelve ?
Après deux ans de tournée avec le groupe, on a décidé que l'on voulait avoir un son qui soit un bon miroir de notre son sur scène. On a entrepris d'enregistrer un album dans un studio ancien, avec tous les instruments ensemble dans la même pièce. On a vraiment voulu capturer l'énergie et le groove du groupe en live. C'était très angoissant durant la session d'enregistrement parce qu'on enregistrait tout en une seule prise. Tu n'a pas le droit à l'erreur car on enregistrait tout en live, à l'ancienne. Surtout, on voulait montrer la progression entre le dernier album et maintenant.
La structure de l'album est très inhabituelle, avec des titres en deux parties, une intro « Good News » et une outro « Bad News », etc…
Oui, quand on était en studio, on avait beaucoup d'idées qui venaient des jam sessions. On a trouvé différentes façons de faire des morceaux grooves et par la suite on a décidé de jouer quelques unes de ces idées...
En tant que MC, serais-tu intéressé à l'avenir de faire un album sur des instrus typiquement Hop Hop (sample, beats,…), ou à l'inverse continuer de t'ouvrir à d'autres genres musicaux avec ton groupe ?
Je pense que je serai intéressé par faire les deux. Je kiffe le style hip hop "classique, avec juste un gros sample et de supers lyrics. En même temps, je continuerai sûrement de tester de nouveaux styles et d'autres trucs avec le groupe.
Dans un autre magasine rap, tu as évoqué faire un projet avec Q-Tip et Mark Ronson. Leur as-tu parlé de cette idée ? Ou s'agit-il d'un projet secret encore ?
Pas encore. Je pense que ce disque n'existe que dans mes rêves !
Il y a un groupe Hip Hop/Jazz en France qui s'appelle Hocus Pocus, j'imagine que tu dois les connaître non?
Oui. On a fait pas mal de spectacles ensemble, et notre DJ (DJ Pfel) est un membre du C2C Crew. Je pense que les groupes HP et BA sont potes et j'aime vraiment ce qu'ils font. Ils comprennent de quoi s'agit le Hip Hop.
Pourquoi parle-t-on très peu de vous aux States ? Est-il plus difficile de conquérir le public américain ?
Non, je ne pense pas. C'est juste que je vis à Paris depuis ces dernières années donc le public américain n'a pas eu la chance de voir ce que je fais en ce moment. Je pense que ça changera un peu avec cet album.
Et pour finir, préfères-tu la France et l'Europe en général ou les Etats-Unis ? Sois honnête !
Honnêtement, il y a des bons côtés dans chacun de ces pays. Je me sens chez moi à Atlanta et je me sens aussi bien à Paris. Là en ce moment, j'adore toujours la France parce que c'est nouveau et excitant pour moi. Tous les jours c'est l'aventure et il y a tellement de choses à découvrir.