
Après plus de 15 ans dans le rap game en ayant posé sur plusieurs classiques du rap français (dans le désordre Le combat continue d'Ideal J, L'amour est mort d'Oxmo Puccino, Le code de l'honneur de Rohff, Les princes de la ville du 113), deux albums au sein du duo Intouchable, dont le premier Les points sur les I (considéré pour beaucoup comme classique), deux albums avec la Mafia K1Fry ainsi que deux EPs et un street-album, il ne manquait plus que l'album depuis le temps ! Chose faite depuis peu avec Démons et merveilles (Hostile/EMI), titre - en forme de jeu de mot - du premier opus de Demon One.
Pour cet album, Demon a su choisir ses des thèmes tel que sur "La bonne combinaison", où il parle de la dépendance aux jeux d'argent, "Mes rêves" avec son compère d'Intouchable Dry, retraçant à deux son parcours dans le rap et sa vie. Les invités laissent une impression mitigée, Soprano laisse perplexe, Amina signe un refrain étrange (pas aidé par la production) tandis que Bene, le fils de Demon One, montre un bon niveau pour son âge, Diam's fait une démonstration de flow tout comme Dry, qui prépare son album de son côté. Les meilleurs morceaux du futur candidat à la mairie de Choisy sont sûrement les morceaux plus egotrip, freestyle comme "Seigneur de guerre" ou le très électro "Alors comme ça", ou encore ceux où il se livre plus comme "Le mot de la faim" et "Pour toi". Lyricalement, Demon One signe un bon album, tout comme au niveau du flow, mais l'énorme bémol de cet est sûrement la production : tantôt mauvaise, tantôt inadaptée au thème ou au MC, elles plombent hélas littéralement le niveau de l'album.
Un premier album qui laisse une impression partagée, alors que le fond est bien présent, la forme ne suit pas vraiment. Ceci dit, avec ce Démons et merveilles, Demon One ne s'en sort pas trop mal. Prochain rendez-vous l'album de Dry qui saura peut-être faire mieux, espérons-le.