
Si le monde du Hip Hop a pris et continue de prendre avec les années le contrôle de nombreuses radios, c'est en partie grâce à ses tubes mixés à la saveur du R&B. La méthode initialement et principalement exposée à l'époque par Puff Diddy s'est révélée très fructueuse, de nos jours c'est presque devenu monnaie courante de voir un featuring avec un artistes de la scène R&B/Soul pour que celui-ci concocte un refrain attirant. Faire de la figuration avant d'avoir un rôle principal semble être une évolution logique, c'est ainsi que Lil Mo et d'autres chanteuses ont ainsi été révélées au grand public. Cynthia Loving de son vrai nom, a commencé sur les chapeaux de roue avec Missy Elliot pour son tube galactique "5 Minutes" avant d'enchaîner tout un tas d'autres collaborations, côtoyant Styles P, les Mobb Deep, Ja Rule ou encore Fabolous, qui n'a depuis cessé de la supporter sur chacun de ses albums (et vice versa). Pour la suite de sa carrière, l'autoproclamée 'The Godmother' a quitté les rangs du sulfureux label Cash Money Records pour sortir en total indépendance sous sa propre enseigne (Honeychild Entertainment) son nouvel et quatrième album, 'Pain & Paper'. Dévoilé et distribué en Août dernier par Koch Records, ce n'est qu'en ce début 2008 que l'hexagone a pu le découvrir.
Appréciable sur plusieurs points, l'album est quand même passé inaperçu dans les bacs. Le manque d'information et d'engouement porté par les médias n'auront pas empêcher certains irréductibles à se pencher dessus. La majorité des morceaux relatent des histoires, fictives ou pas mais en tout cas raconté d'une belle manière comme sur 'Heartbeat'. En compagnie du très prometteur Donny Roc, Lil' Mo nous narre avec émotion lorsque son compagnon se fait tirer dessus, le tout est amené par la douce mélodie hospitalière de Brian-Michael Cox. La plume de la chanteuse a beau être précise et sincère, sur la longueur de nombreuses chansons parviennent à lasser, le genre de balades mielleuses qu'on écoute pas deux fois et que seul l'artiste a su y déceler une émotion en la créant. La voix est là, mais la construction des morceaux, le choix des productions sont parfois simplistes et hasardeux. Y'a pas à dire, Lil' Mo reste bien plus efficace lorsqu'elle est épaulée: Da Brat fait un court mais intéressant come-back sur 'Youngin', tout comme Fabolous et Jim Jones qui introduisent 'Sumetimes I' et 'Sumetimes Part.2'. La baddest biatch du circuit, Trina, lâche quelques punchlines dans 'Sexy Pictures', mais le meilleur morceau de l'album reste sans nul doute 'Officially Hollywood', une combinaison avec le pimp Katt Williams produite par Judah.
La pochette (légèrement effrayante) reflète néanmoins parfaitement les différentes facettes de la chanteuse : Une âme et un côté glamour qu'elle apporte lors de ses chants, et de l'autre l'attitude tatouée plus bad girl qu'elle peut arborer. Pas encore tout à fait au point sur long métrage, Lil' Mo démontre néanmoins qu'elle a les moyens de réaliser de bonnes choses mais n'arrivent pas encore à les concrétiser de bout en bout.