Big Redemption

Photo de Big Red ©

Big Red

hip Hop Ragga Champion

Publié le lundi 17 mars 2008 par Raging Bull
Imprimé le vendredi 05 décembre 2008

Séparé de son compère Daddy Mory, avec lequel il formait le groupe Raggasonic, précurseur du style Ragga dans l'hexagone, Big Red annonce la couleur solo en 1999 avec son premier opus, Big Redemption. Toujours au cœur des cultures Raggamuffin et Hip Hop, le désormais old timer de la scène parisienne reste fidèle à ses racines musicales et à ses influences de toujours. Si le Ragga demeure au centre du débat, le Hip Hop n'est jamais bien loin, ainsi qu'en attestent les participations efficaces de Rocca, ou encore des deux frères Ärsenik.

Le décor est rapidement planté lorsque retentissent les notes du presque éponyme « Red-Emption ». Beat lourd, ambiance pesante et toast/rap compresseurs, Big Red enfonce le clou sans tarder et justifie l'intérêt de son escapade solitaire. Les tubes ne manquent pas, de même que les morceaux devenus mythiques depuis. « Spliff » fait l'éloge des substances enivrantes sur un instru aussi fly que son auteur. Single en puissance, « Respect Or die » positionne Big Red en grand frère légitime pour tous les auditeurs de l'époque. Mâture et révérencieux envers ses racines, le Raggasonic rend hommage à la culture Hip Hop/Ragga à travers un savoureux « Deenastyle ». ‘Blunt' (« Riz-La »), mais pas ‘bling bling' ni ‘bitch', l'artiste n'hésite pas à envoyer un pamphlet acide et plein de dérision à l'encontre des femmes de petite vertu dans un « Bimbo » mémorable. La variété des thèmes constituent d'ailleurs à n'en pas douter l'un des attraits de cet opus rafraîchissant, Big Red passant sans faiblir d'un « El Dia De Los Muertes » (avec Rocca) pesant et profond à un égotrip sautillant et imparable (« Je prends le mic »). Rappeur et toasteur à la fois, Big Red joue sur tous les tableaux avec brio pour composer une mosaïque convaincante des deux univers. Le grand écart entre un « Mémoire » et la tendance générale plutôt rentre-dedans en dit long sur l'adresse artistique de Big Red. Servi par une écriture imagée et travaillée (et plutôt fidèle au rap en ce sens), l'ensemble regorge également de gimmicks et de phases chocs dont le Ragga raffole.

Lancé au visage du rap français comme un pavé dans une vitrine, l'opus installe définitivement la carrière solo d'un Big Red inspiré et sans concession. Loin de vouloir rivaliser avec les standards en vogue de l'époque, l'ex-Raggasonic propose une alchimie réussie entre des univers dont la complémentarité n'est désormais plus à débattre. Fort de sa crédibilité de old timer rompu aux sound systems et aux collaborations avec le monde du rap, Big Red s'invite à la table des artistes à succès du moment. Aujourd'hui encore, l'équilibre de cette Redemption constitue un modèle du genre, échappant avant l'heure aux clichés qui entourent les artistes de cette mouvance.

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