Interview avec le phénomène sudiste Soulja Boy

Photo de Soulja Boy ©

Soulja Boy

Soulja Boy, interview

Publié le mardi 18 mars 2008 par Sagittarius
Imprimé le samedi 11 octobre 2008

DeAndre Cortez Way alias Soulja Boy était de passage à Paris pour faire la promotion de son premier album Souljaboytellem.com, qui cartonne encore Outre-Atlantique grâce à son tube "Crank Dat Soulja Boy". Ses pas de Soulja dance l'ont mené sur les plateaux télé du 'Grand Journal' de Denisot et 'T'empêches tout le monde de dormir', avant que ce véritable phénomène révélé grâce à Internet me reçoive tranquillement dans sa chambre d'hôtel pour une interview, par curiosité.

Alors, tu kiffes ton trip à Paris ?
Yeah, yeah. C'est cool d'être là.

Raconte-nous un peu ton enfance, tu as grandi à Atlanta ?
Je suis né à Chicago et j'ai grandi dans l'ouest de la Géorgie, moi, ma mère et mon jeune frère. Quand j'ai eu 11 ans, j'ai bougé dans le Mississippi chez mon père et c'est là que j'ai commencé à faire de la musique, où je me suis mis en tête d'être un artiste et de faire du Hip Hop.

Quel(s) artiste(s) t'a (ont) donné envie de faire ça ?
Adolescent, j'écoutais 50 Cent et il m'a influencé pour faire du Hip Hop. La façon dont j'ai façonné la musique que je rappe maintenant, c'est plus des artistes Down South, comme T.I., Dem Franchise Boyz…

Comment as-tu inventé la Soulja Dance ?
La Soulja Boy Dance, comment je l'ai créé… Moi et quelques potes du coin, on délirait ensemble. On débarquait avec des gestes qu'on faisait tout le temps (je ne peux pas te montrer car il n'y a pas de caméra). Après ça, c'est devenu une habitude et j'ai enregistré « Crank Dat Soulja Boy ». J'ai chargé une vidéo sur YouTube et ça a fait 20 millions de visiteurs voire plus.

Tu as appris à utiliser Fruity Loops tout seul ?
J'ai eu le logiciel par un ami à moi. Les premières fois que je l'ai utilisé, les beats étaient nazes. Et en gros, je ne pouvais pas avoir de beats d'autres personnes alors j'ai dû m'améliorer, faire de la musique de mon mieux. Après ça, je suis allé en studio avec un producteur qui s'appelle Young Kwon, et il m'a conseillé, amélioré mes compétences pour aujourd'hui produire des sons comme « Crank Dat », « Soulja Girl », « Yahh »… Maintenant au jour d'aujourd'hui, je produis ma propre musique.

Ta vidéo a eu un succès fulgurant sur Internet, ton single est resté neuf semaines en tête des ventes aux States. Comment tu le prends ce succès éclair ?
C'est arrivé tellement vite. Dans les interviews, ils me demandent comment c'est arrivé si rapidement (il fait un claquement de doigt), la chanson a été numéro un pendant un long moment… Simplement, il n'y a pas d'explications à ce succès. C'est juste arrivé comme ça. J'étais au bon endroit, au bon moment, avec le bon morceau.

Et comment tu gères ton business ?
Je garde une équipe très professionnelle autour de moi, issue de mon entourage, des gens que je connais depuis longtemps. Mon ‘hypeman' est mon meilleur ami, mon garde du corps est un proche, mon DJ, mes assistants…

Quelle était l'influence de Mr Collipark sur ton album ?
En fait, Mr Collipark est venu vers moi avec un deal. J'ai signé avec lui et je suis allé à son studio enregistrer mon album. Ça s'est passé comme ça. Il a supervisé le projet et il m'a dit « fais ce que tu as à faire comme tu avais l'habitude de faire jusqu'à maintenant ». Il l'a écouté et puis on l'a sorti.

Des rappeurs comme Scarface, Nas et 50 t'ont porté leur soutien. Cela te rend-il confiant pour ta carrière ?
C'est bien d'avoir des gens dans l'industrie du disque qui t'apprécient, comme 50 et d'autres artistes. Mais en gros on parle pour nous-mêmes, parce que beaucoup d'artistes ont reproduit ma danse comme Kanye West, Beyonce, Jamie Foxx… à la télé et tout. Ça représente bien plus que montrer de l'admiration.

De l'autre côté, beaucoup de gens critiquent ta musique. Que dirais-tu à ces gens-là ?
Il y a beaucoup de rappeurs haineux dans le milieu, qui sont là-dedans depuis plusieurs années. Puis je suis ‘hot', et j'apporte sur la table quelque chose de totalement différent. Ce n'est pas par rapport à mes lyrics ou ce dont je parle sur ce premier album. Il y a beaucoup de lyricistes hardcores qui l'ont mauvais parce qu'ils n'arrivent pas à s'en sortir, et quand ils voient Soulja Boy à la télé… C'est plein de ‘mad rappers' ici, mais il n'y a rien que je puisse faire pour eux, et eux rien qui ne puissent faire pour moi.

Tu songes déjà à faire un second album ?
Ouais, en ce moment je retourne en studio pour travailler sur mon nouvel album. Il s'appelle Back to School. Je reviens un peu à la source, tout en restant avec de la musique actuelle et des nouvelles idées musicales, et je vais l'aborder avec des textes un peu plus hardcores. Car ce premier album s'est vendu à plus de 3 millions, j'ai reçu tellement de retours négatifs, de critiques, c'est la pagaille de vendre autant d'albums. OK, donc pour le second album, je vais passer à autre chose et vous donner des lyrics hardcores, juste pour leur fermer la bouche.

Comment tu vas faire cette transition alors entre un premier album très entertaining et ensuite un disque plus hardcore ?
La meilleure façon actuelle de faire la transition entre un album dansant à un second album plus hardcore, c'est de faire pendant ce temps genre deux mixtapes, tu vois le truc ? D'abord je sors mon premier album et avant de sortir le second album, je fais de la promo, à Londres, à Paris, en Allemagne, et ensuite faisons des mixtapes. Filez-moi des beats de 2Pac, Nas,… et quand je vais les sortir en posant ‘Soulja Boy' dessus, les gens vont se demander « qui ça ? le mec qui a fait la Soulja Dance ? » Les mixtapes foisonnent dans les rues, tout le monde en parle.

Pour combien d'albums as-tu signé avec Collipark ?
J'ai signé pour 5 albums.

En France, on a un phénomène de danse qui s'appelle la tecktonik…Tu en as entendu parler ?
J'en ai juste entendu parler dans les interviews que j'ai faites hier.

Pour en revenir aux idées sur ton futur album, à propos de la direction artistique, ça sera plus de la snap music, ou de la trap music, ou quelque chose d'encore différent ?
Pour le second album, je dois rester le même parce que je n'ai pas envie d'être vu comme vendu en lâchant la snap music. Mais il y aura du changement, tout en restant autour de la snap music, hardcore avec des beats bien produits. Tout en un album.

As-tu demandé à d'autres producteurs de contribuer sur ce disque ?
Non, pas vraiment, parce que j'en ai pas besoin.

Juste toi et Collipark.
Voilà, juste lui et moi.

Si tu voulais demander à un (des) artiste(s) de collaborer avec toi, qui serait(ent)-ce ?
Des gars comme Chris Brown, pour faire un truc à la ‘best of both worlds', parce qu'on vise le même public.

As-tu un dernier message à faire passer à tes fans en France ?
Rejoignez-moi sur myspace.com/souljaboytellem et sur www.souljaboytellem.com, on va lancer aussi un tout nouveau site qui s'appelle sodmg.com. Donc n'hésitez pas à venir le visiter pour voir les news, les rumeurs…C'est comme Myspace et YouTube en un !

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