
Sur Infamy, côté lyrics, vous restez attaché à la même formule, côté beats c'est un peu différent, qu'est ce qui vous a incité à conserver ces choix ?
Havoc : En tant que producteur, je dissèque beaucoup de chose. Je suis dans ce biz depuis un moment et je ne souhaite pas rester égoïste. Pour cet album, je ne voulais pas être seul derrière la production. Je voulais faire du neuf et c'est pourquoi j'ai fait appel à des mecs comme Alchemist, Scott Storch et Ez Elpee.
Entre autres ça et vos collaborations avec 112 et Lil Mo, vous ne vous êtes pas du tout inquiété de ce que pouvaient penser vos fans ?
Prodigy: Je veux dire, c'est à eux de trancher. Mais s'ils voient les choses comme moi, alors les négros apprécieront le flow et l'album. C'est à eux de voir comment l‘écouter, tu saisis ? On l'a fait. Nous avons fait ce qui nous semblait être bien. S'ils kiffent, tant mieux. Nous n'avons jamais dit, «Faisons un son comme ceci ou comme cela ». Nous voulons juste faire des choses que les gens apprécieraient. Un peu comme de la soul moderne, c'était notre objectif, de te faire ressentir le bon ‘vibe'. Nous apprécions la musique de 112 et de Lil Mo, alors pourquoi ne pas faire de la bonne musique avec eux. Ce n'est pas du tout comme si nous essayions d'être commercial et de plaire aux médias.
Havoc : Nous n'avons jamais tenu à faire du R&B et nous n'en avons jamais fait. Nous aurons bien voulu en faire dans le passé, mais nous étions trop préoccupés dans notre biz. Ce n'est pas comme si nous voulions faire une mixture, c'était dans notre sang.
Prodigy, Tu as eu quelques clashs sur le Morning Show de Hot 97.
Prodigy : … certains nègres sont de vrais bouffons. Et ils se moquaient de moi en disant, «Yo, Prodigy, si t'écoutes, appelles nous ! ». Je n'écoutais même pas la radio, j'étais au studio. Un pote à moi m'a dit, « Yo, Star et Flex sont en train de se foutrent de ta gueule à la radio comme quoi tu t'es fait dépouiller. Ils veulent que t'appelles. » je ne savais pas pourquoi ils voulaient que je les appelle alors je me suis dit qu'ils aillent tous se faire niquer. Alors j'ai quand même appelé et je leur ai dit, «Yo, J'ai entendu dire que vous vous mêlez de choses qui ne vous concernent pas », Star m'a répondu, «Non, on voulait juste mettre les choses au point, alors Prodigy, qu'est-ce qui s'est vraiment passé ? Et tu sais que pas mal de gens se font dépouiller ces derniers temps ? » Je lui ai dit, « Fils, ne parle pas de chose que tu ne connais pas, car tu es loin d'être au courant de ce qui se passe. » J'étais dingue, je pensais aussi à un moment que Flex me crachait dessus. Après l'émission j'ai eu Flex au téléphone et je lui ai demandé ce qui s'est passé et je lui ai dit « Qu'est ce qui se passe, tu crache sur moi fils ? » Il a répondu, « non, mec». C'est ce qui m'a surpris. Je m'attendais à des conneries de ce genre de la part de Star mais pas de Flex. C'est un pote à moi et ça m'a réellement étonné.
Alors qu'en est-il réellement de ces rumeurs qui disent que tu t'es fait dépouiller ?
Prodigy : Nous ne voulons pas en parler.
Ok. Havoc, j'ai appris que tu avais quelques ennuis judiciaires.
Havoc : J'avais quelques problèmes avec l'alcool que je devais résoudre. Je suis arrivé au point de boire trois verres de E&J et de Hennessey par jour . C'est beaucoup trop pour quelqu'un comme moi. J'en avais marre de boire quand je me réveille, quand je sors, quand je vois des gens, et j'aimais pas que les gens me prennent pour un alcoolique. Ils ne me connaissaient pas réellement. Alors je me suis regardé, et je n'ai pas aimé ce que j'ai vu, alors j'ai décidé d'arrêter. Boire mène à la destruction, aussi bien physiquement quer mentalement, il ne te mènera nul part.
Est-ce que c'était dur d'arrêter ?
Havoc : Quand il le fallait, je le savais.
Toujours en parlant de santé, P, tu nous disais que tu avais un cancer, comment est-ce que tu vas ?
Prodigy : Je vais bien, je prends soin de moi. Je suis un régime, tu saisis ? Rien de particulier, juste une bonne alimentation. Rien d'étrange, c'est juste ce que tout le monde est censé manger. J'aurai certainement l'occasion de boire de la bière, mais je ne veux pas foutre ma vie en l'air. j'ai aussi arrêter de fumer, mais j'ai pas résister.
Récemment tu as eu quelques altercations avec Jay-Z, comment est-ce que ça a commencé ?
Prodigy : Ca n'avais rien de sérieux, mais c'est quelque chose que je voulais que la communauté sache. Ce mec est un menteur, voilà ce que je lui réponds : «A qui est-ce que tu parles ? New York a toujours été calme, jusqu'à ce que Snoop vienne et renverse les tours. A qui est-ce que tu parles ? Tu dis que New York est soft ? Nous sommes les premiers à avoir enregistrer ‘L.A, L.A', la riposte à NY NY des Dogg Pound ». Nous leur en voulions à ces négros, mais ca n'avait rien de sérieux. Nous nous devions d'en parler.
Quelle fût ta réaction quand t'as entendu Summer Jam de Jay ?
Prodigy : Mec, j'ai rigolé quand j'ai entendu ça.
Est-ce que t'as découvert comment Jay a obtenu des photos de ton enfance ?
Prodigy : Je m'en foutais complètement. Ma grand-mère avait un des plus grands studios de danse de New York. Elle lança la carrière de pas mal de personnes comme ceux qui figurent dans les clips de Michael Jackson ou dans ceux de Ben Vereen. Grandir à ses côtés, reste inoubliable, comme la fois où elle m'a appris quelques pas de danse. Je devais avoir six ou sept ans. Alors qu'est-ce qu'il en a à foutre ? Je m'en bats complètement car je ne vois pas où est ce qu'il veut en venir. Ces putes ont toujours quelques choses à dire…Pourquoi est-ce qu'il ne cite pas les quelques vers que j'ai écrits à son encontre au lieu de la jouer aussi bassement ? Pourquoi est-ce qu'il ne parle pas du problème que j'avais soulevé auparavant ? Non ? Tu vois où je veux en venir ? Nique ce négro, fiston !
C'est du tout bon, j'aime quand même sa musique. C'est bien ce qu'il fait. J'aime comment il construit ses phrases. Il a juste dis quelques trucs où je n'étais pas d'accord. Si ces negros veulent fight, laisses…
Sur "The Takeover" Jay lâchait quelques plaisanteries. Sur Infamy vous répondez avec des menaces. Croyez-vous vraiment que ce beef finira en violence ?
Prodigy: Je veux que les gens sachent mon point de vue là-dessus. Quelqu'un m'a fait ça et j'ai répondu. Peut importe. C'est tout ce qu' il y a à dire. Je ne vais pas me laisser faire. Surtout pas pour ces conneries, et des trucs comme ça, ça arrive.
As-tu parlé à Nas depuis le Summer Jam ?
Prodigy : Ouais, je lui ai un peu parlé. C'était pas grand chose. Ca devait être un truc du genre, « Il le fait ainsi, alors nous allons empiéter sur son business ».
Havoc, tu semblais ne pas être impliqué dans le beef. Mais qu'est ce que tu en penses ?
Havoc : Je n'ai aucune haine envers personne. J'apprécie leur musique tout autant que celle des autres artistes. Il y a pas mal de divergence entre Jay et les miens, mais je suis là pour faire de la musique. Money and music.
Prodigy cible plusieurs fois Jay sur Infamy, est-ce que vous comptez le viser dans vos nouvelles chansons ?
Havoc : Bien que je ne dirai pas ça de cette manière, je laisse la musique parler d'elle-même.
Depuis le 30 octobre 2002, Mobb Deep est officiellement libre du contrat avec Columbia Records. Actuellement le groupe est signé chez Jive Records. Mobb Deep planche aussi sur la promotion de leur prochain album.