
Tupac Shakur se considère « Rebel de l'Underground » (Digital Underground) et pour de bonnes raisons. Il dérange les gens et fait l'inattendu. Une telle personne est capable de générer une excitation car elle a un impact sur les gens, mais également les situations qui les entourent. En 1992, Tupac promet d'avoir un impact majeur dans le hiphop. Il met les choses en place avec ses débuts sensationnels dans le film Juice, où il interprète le personnage de Roland Bishop. Son premier album 2Pacalypse Now est en train de faire un malheur chez tous les vendeurs de disques du pays. Et si tout cela n'est pas suffisant, il fait signer des nouveaux talents à ses labels, comme son frère aîné Moecedes qui rap sur la chanson de Toni Tony Tone, Feels Good. J'ai récemment eu le plaisir d'interviewer cet individu franc parleur et très animé à son appartement où il raconta son histoire.
Davey D : Raconte nous un peu ton histoire. Qu'est ce qui t'a mené dans le hiphop ?
2Pac : Je viens du Bronx, New York. J'ai déménagé à Baltimore où j'ai fais le lycée, puis ensuite j'ai bougé à Oaktown. Pour ce qui est du hiphop, mes voyages à travers ses villes semblent être le dénominateur commun.
DD : Tu as vécus pendant un moment à Marin City. Comment est-ce que ta connexion avec le hiphop a pu être maintenue en vivant là-bas ? Y'avait-il une scène prometteuse à Marin City ?
2Pac : Pas vraiment… Ca ne faisait que donné une dimension réel à la musique. En habitant dans une petite ville telle que Marin City, j'ai appris à être plus direct dans mon style. Au lieu d'employer des métaphores dans les rimes, j'ai été encouragé à aller droit au but et ne pas perdre de temps à entourer les choses… A Marin City, tout semble plus réel. Tout été droit tracé. La pauvreté était droit tracée. Il n'y avait pas d'autre moyen de dire je suis pauvre que de dire Je suis pauvre.
DD : Comment as-tu commencé à fréquenter Digital Underground ?
2Pac : J'ai attrapé le D-Flow Shuttle quand j'étais à Marin City. Je fais référence à l'album Sons of the P. C'était le moyen de partir. C'était le moyen d'échapper au ghetto. C'était le chemin de la réussite. Je n'en suis pas sorti depuis. En fait, je suis tombé sur ce gars, Greg Jacobs aka Shock G, et c'est lui qui m'a branché avec Digital Underground.
DD : Quel est le concept derrière ton album 2Pacalypse Now ?
2Pac : Le concept est le jeune homme Noir. Tout le monde en à parler, mais maintenant c'est plus important. C'est comme si on l'avait sauté. Ce n'est plus à la mode d'être le jeune homme Noir. Tout le monde veut passer à coté. Comme la mode Gangster, ça a été exploité. Ou bien du temps des films : tout le monde faisait sa petite fusillade et faisait exploser des trucs et faisait comme si de rien n'était. Maintenant, tout le monde fait des chansons de rap. Je suis toujours avec le jeune homme Noir. Et je le resterai jusqu'à ce que les choses aillent mieux. Donc c'est en majorité dénoncé les problèmes que l'ont rencontre dans la vie de tous les jours.
DD : Quels sont ces problèmes ?
2Pac : Brutalité policière, pauvreté, chômage, éducation insuffisante, déséquilibre et violence, criminalité, grossesses involontaires, toxicomanie. Tu veux que je continue ?
DD : Comment aborde tu ces problèmes ? Est-ce que tu ne fais que de les dénoncer ou tu offres aussi des solutions ?
2Pac : Je fais les deux. Dans certaines situations, je nous montre avec les pouvoirs et dans d'autres, je montre comment c'est plus probable de se passer avec les forces de l'ordre et d'autres structures ayant le pouvoir ultime. Je montre les deux chemins. Je montre comment ça se passe vraiment et comment j'aurai souhaité que ça se passe.
DD : Tu te considères le Rebel de l'Underground. Pourquoi ?
2Pac : Parce que, si Digital Underground n'était pas assez diversifié avec assez de choses folles dedans, je suis encore plus fou ! Je suis le rebelle allant totalement contre tout. Je veux toujours faire les choses jusqu'à l'extrême. Je veux qu'un maximum de gens me regardent. Par exemple, je n'aurai jamais fais la chanson Kiss U Back de cette façon.
DD : Peux-tu raconté ce que tu as vécus lors de ta récente altercation avec la police de Oakland ?
2Pac : Comme tout le monde le sais, moi… un innocent jeune homme noir était en train de marcher dans les rues de Oakland en se mêlant de ses affaires et la police ne l'a pas trouvé assez bien pour traîner dans ce coin. Alors ils m'ont demandé ma carte d'identité et ils m'ont fait chier à cause de mon nom. Mes derniers mots envers eux ont étaient : Allez tous vous faire foutre. Ce dont je me souviens après c'est que j'étais par terre avec des menottes et ils m'ont emmené au commissariat pour résistance à une arrestation. On est actuellement en train de laisser la loi faire son boulot. On a dû porter plainte et on est sur le point d'avoir dix millions de dollars de dommages et intérêts de la part de OPD. Si je gagne et que j'ai cet argent, alors la police de Oakland devra acheter une maison à mes potes, à moi, à ma famille et devront construire un centre contre la brutalité policière.
DD : Parlons du film Juice. Comment as-tu été mêlé à ça ?
2Pac : Money B avait une audition pour le film. Sleuth (manager) avait suggéré que je fasse de la partie. J'y suis allé sans trop d'espoir, Dieu était avec moi… Le film parle de quatre gosses qui grandissent. Ce n'est pas un film sur le hiphop. C'est un très bon film dans lequel on peut trouver du hiphop. Si c'était dans les années 60, ça aurait décrit ce qui était à la mode à ce moment la. Mon personnage est Roland Bishop, un individu psychotique, très violent et qui a un tempérament très court.
DD : Quel message, espères-tu, se soit dégager du film ?
2Pac : Tu ne sais jamais ce qui se passe dans la tête des gens. Y'a beaucoup de chose auxquels on peux penser. Y'a beaucoup de pression sur quelqu'un qui grandit. Ce film est un exemple de ce qui peut se passer… Dans le film, le père de mon personnage était un prisonnier et c'est quelque chose qui l'a marqué pendant tout le film. Ca lui a bousillé l'esprit. Tu peux voir à travers les personnalités de tout le monde que Bishop voulait seulement être respecté. Il voulait le respect que son père n'a pas eu. Donc, à cause de tous ses problèmes qui n'ont jamais été résolu, ça l'a mené à enlever la vie de quatre personnes.
DD : Vas-tu continuer à faire des films ?
2Pac : Ca dépend si y'en a des bons. Ce que je veux, c'est me défier.
DD : Quelle est ta philosophie du hiphop ? Je t'ai entendu dire que tu ne voulais pas le voir banaliser ?
2Pac : Quand j'ai dis ça, ça m'a fait réfléchir. Ca m'a mené à moi-même. Maintenant, j'ai une philosophie différente. Le hiphop, quand sa a commencé, c'était supposé être ce nouveau sans limites et qui était tellement différent à la musique de tout les jours. Maintenant j'ai l'impression que je commence à être prit dans la mode de ce qui fait le hiphop. Du moment que la musique a la vérité dans l'âme du cœur, alors ça peu être du hiphop. Du moment que ça a de l'âme, le hiphop pourra continuer à vivre.
DD : Quels sont tes plans pour l'année prochaine ?
2Pac : De renforcer l'Underground Railroad. J'ai un groupe et un programme appelé l'Underground Railroad... Le concept derrière ceci est le même concept que celui de Harriet Tubman : d'inciter mes frères, qui pourraient tomber dans le dealing ou quelque chose qui est illégale ou qui est priver des droits civiques par la société d'aujourd'hui, à venir s'essayer à la musique. Ca peut être du R&B, du hiphop ou du pop, du moment que j'arrive à les impliquer. Pendant que je fais ça, je leur apprend à trouver un amour propre afin qu'ils aiment d'autres personnes et qu'ils puissent apprendre ce qu'on leur apprend à d'autres. Pour l'instant, on est une vingtaine. Le groupe va constamment évoluer. Les personnes qui sont dans l'Underground Railroad viennent de partout : Baltimore, Marin City, Oakland, New York, Richmond.
DD : Y'a-t-il quelque chose d'autre que nous devons savoir à propos de Tupac ?
2Pac : Ouai, le groupe Nothing Gold arrive. Mes enfants arrivent avec un message sérieux… Nothing Gold est un groupe que je produis. Tout ce que je dis dans mes rimes, je les dis par rapport à ce que j'ai vécu en grandissant. Alors pour gérer ça, au lieu d'aller voir un psychiatre, j'ai créé un groupe de jeunes qui vivent avec des problèmes qu'une génération plus jeune traverse. Ils se représentent dans la rime, alors c'est comme une séance de psychologie adaptée à la musique.
Transcrit et traduit par Red
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