
Non, Albert Einstein n'est pas ressuscité ! Non, eMC ne correspond pas à une nouvelle formule d'un de ces mathématiciens surdoués. En réalité, ces trois lettres constituent le nom d'un nouveau groupe de hip hop underground. Sous ce pseudonyme aux allures de formule scientifique se cache un quatuor dont les noms ne sont guère inconnus. Emmené par le vétéran Masta Ace, eMC comprend également les rappeurs : Strick, Punchline & Wordsworth. L'ex comparse de Marley Marl au sein du Juice Crew, annoncé comme retraité après son denier solo en 2004, se lance dans une nouvelle aventure un an plus tard. Formé en 2005, ce groupe New-Yorkais ( excepté Strick né à Milwaukee ) à longtemps accompagné Masta Ace lors de ses dernières tournés. Manque de temps ou désir professionnel, le quatuor n'avait encore aucun projets à son actif. Or, il fallait bien débuter l'histoire un jour. C'est donc en 2008 que Masta Ace revient sur le devant de la scène. Alors, que le Show commence…
Il est 10h49. Sur New York City, le jour s'est déjà levé. Le soleil commence à exhiber ses rayons sur les grands bâtiments de Brooklyn. Un oiseau s'envole, au même moment le beat de « Who we be » débute. Casque sur les oreilles, je marche, la tête dans les nuages : "Glad we could come together, we're making history, you won't see this again in half a century, tellin you who we be E-M-C". Désormais, les présentations sont faites.
Les tempos calmes et posés de ce début d'album me rendent nostalgique. Elle parait loin l'époque où les artistes rappaient par amour de leur quartier sans se soucier de leurs places dans les charts. Elle parait loin l'époque où New York était perçue comme le berceau du hip hop. L'écoute de « Leak it out » et « Say now » me fait même remonter jusqu'en 2004. Ces beats soul me rappellent un été long et chaud...Dès lors, je me souviens le temps ou les mc's collaboraient en toute fraternité sans se soucier de leur image. C'est sur un beat soulful à souhait de Quincy Tones que les eMC invitent les Little Brother pour commémorer leur histoires de « Traffic » à travers la ville. J'arrive dans un parc, mains dans les poches, je m'accorde une pause ( « Message ») et contemple le ciel bleu. Alors que le soleil réchauffe ma peau, les émotions m'envahissent lorsque la voix d'ADI résonne sur le refrain de « Don't give up on us ». New York aurait-elle retrouvé ses lettres de noblesse ? Masta Ace et ses partenaires en apportent l'espoir.
C'est en reprenant mon chemin que quelques nuages viennent troubler mon esprit : « What is stand for » ; « The Show ». Le quatuor vient montrer ici le coté obscur de la grande pomme sur des productions froides et percutantes que sont « Git Some » et « The grudge ». L'orage passe et apporte un vent de changement… « Winds of change » m'envoie au paradis. Mélancolique et harmonieuse, la musique me transporte et m'enivre. Le soleil brille et Brooklyn s'éveille. « U let me grow » parfume déjà les rues d'une senteur estivale. Ma virée touche à sa fin, la journée va être belle et prometteuse. Il est 12h02, nous sommes en 2008, Masta Ace est de retour et New York respire plus que jamais le hip hop.
L'été arrive, bientôt les soirées seront longues et chaudes, comme il y a 15 ans. Bientôt les terrains de baskets seront de nouveau occupés, comme il y a 15 ans. Bientôt les amoureux de hip hop ressortiront les gros postes cassettes, comme il y a 15 ans. Bientôt, croyez moi, New-York retrouvera ses vraies valeurs…