
Après le succès des deux premiers albums du 113 sponsorisés par Skyrock et les Victoires de la Musique, Rim-K est le premier membre du groupe à saisir l'opportunité de tenter un projet solo. Plus apte et plus autonome que ses 2 collègues AP et Mokobé, il sort 'l'Enfant du Pays', un titre introspectif qui sous entend d'abord que cet album ne va peut être pas revigorer le rap français.
Il faut en premier lieu dire que ses textes sont simples (mais efficaces) et qu'il ne casse pas la baraque niveau flow. Rim-K n'est pas le meilleur MC du Mafia K'1 Fry. Ce qui le distinguait de ses compères, c'était son aspect intransigeant et cru. Reste maintenant à savoir s'il palie à ses défauts avec cet essai discographique.
'Boozille' son premier single bousille les mots ("je rime comme je veux") et hachure le 'système', crachant sur la Star Ac ou autres popstars (autant de cibles faciles). Rim K n'a pas pour habitude de passer par quatre chemins tant que le message soit clair. Ce morceau laissait présager un album assez féroce.
Tendance confirmée, preuve en est avec des morceaux comme Le Récital, J'm'adapte, Portrait, acerbe, franc et cru ("j'ai un problème avec le rap/on est disque d'or/s'il te plait lache la grappe"), bref honnête. Rim-K dit ce qu'il pense sans aucune retenue, c'est son album! Quelques morceaux font références aussi à ses racines magrehbines, comme Rachid System et Dans La Tête D'Un Jeune Beur.
Ce qui surprend c'est aussi les productions assez électroniques et funk, très loin d'être mauvaises (Intact avec Kery James et Par Tradition) mais malgré ça, déjà exploitées avec le 113, donc rien de vraiment original. De plus, Rim K parait quelque fois bancal, pas assez en phase avec le beat quand ce ne sont pas les textes qui manquent cruellement de beauté linguistique.
C'est comme un album du 113 sans le 113, ni plus ni moins. Le public saura y trouver son compte, Laurent Bouneau aussi.