
Le frère de Brandy a quand même marqué un sacré coup sur le net, souvenez-vous de cette sex tape qui avait enflammé le web où l'on voyait Ray en train de jouer les acteurs pornos avec son ex, Kim Kardashian. Un « événement » qui s'est propagé à vitesse grand V sur la toile et qui a entraîné dans son sillage une salve de réactions hétéroclites. Cette information nous aurait presque effacés de notre mémoire que Ray J est avant toute chose un chanteur qui a commencé à toucher le monde du showbizz grâce à sa sœur, Brandy. Celle-ci lui ouvrira les portes de sa série TV Moesha qui a connu un beau succès outre-Atlantique. Au niveau musical, on retiendra de ce jeune homme sa collaboration avec sa sœur sur la superbe reprise de Phill Collins « Another Day In Paradise » incluse dans l'excellent recueil qu'est Urban Renewal mais après… Compliqué de faire ressortir chez lui des éléments valables, des traces percutantes dans sa discographie. All I Feel, son quatrième essai peut changer la donne en supprimant une fois pour toutes la platitude et l'ennui ambiant.
Après avoir conclu un deal de quelques millions de dollars avec Koch Records et la boîte de Shaquille O'Neal, DEJA 34, Ray peut voler de ses propres ailes avec en main sa structure personnelle et indépendante baptisée Knockout Entertainement. C'est dans cette conjoncture que All I Feel voit le jour. Évidemment, on retrouve comme à l'accoutumée des sons festifs comme l'efficace « Sex Can I » illuminé par ses strasses et paillettes. La tendance se poursuit sur le passable « Gifts » et l'insupportable « Like To Trick » vantant les mérites de la surconsommation. DJ Kayslay, le directeur du projet, semble s'être perdu, pas possible autrement. Les productions sont très mauvaises à quelques exceptions près comme le magnifique « Good Girl Gone Bad » (n'y voyez pas des liens de filiation avec une chanteuse connue) qui reprend une ligne du « Song Cry » de Jay-Z et le sensuel « Boyfriend » enrobé de Nu-Soul. Voilà c'est tout ! Le marasme semble être l'une des spécialités de Ray qui continue à se perdre dans son incapacité à chanter convenablement préférant jouer la couverture derrière des murmures et des phases parlées. Et puis les paroles frisent le ridicule avec leurs lots de naïveté. Même Rodney Jenkins peine à convaincre en réalisant le titre éponyme de l'album…
Styles P, The Game et Young Berg viennent apporter leur aide sur respectivement « Real Niggas » dont le contenu ne mérite pas qu'on s'y attarde, « Where You At » où rien que pas sa présence, Game rehausse un intérêt déjà fort entamé par la chanson et enfin « Sex Can I ». Des couplets Hip Hop réglementaires qui appuieront les arguments mercantiles.
Si seulement le disque tout entier avait bénéficié de la même attention que « Sex Can I » et « Girl Gone Bad » qui est un parfait exemple que la Old School et le modernisme peuvent aboutir à des résultats marquants, cela aurait été parfait. Il serait grand temps que Ray J se réveille et reprenne ses esprits, car ce n'est pas en nous proposant des disques aussi ennuyeux qui flirtent fréquemment avec l'amateurisme que son cas va automatiquement s'améliorer. All I Feel est incontestablement l'archétype de ces sorties qui concentrent leurs efforts sur un nombre limité de titres en délaissant le reste.