Seven

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Seven

Seul Avec Tous

Publié le vendredi 06 juin 2008 par Hamed
Imprimé le mercredi 19 novembre 2008



Difficile de parler de l'underground (de moins en moins underground d'ailleurs...) Parisien sans évoquer le blaze de Seven. Pièce maîtresse de la capitale en matière de rap lourd et offensif, il revient avec son deuxième album (après Mode de Vie étrange en 2006), intitulé Seul Avec Tous. Biberonné au bitume, fervent amateur de rimes cinglantes et un charisme de bûcheron tout droit sorti des Taïgas russes, Seven a tout pour ne pas faire dans la dentelle. Et on ne change pas la nature d'un homme... encore moins celle d'un artiste sans concession, comme lui.

On le dit haineux, la formule est un peu lourde. Il semble simplement imprégné par la rue et forgé par un vécu qu'il se refuse d'étaler pour se donner du crédit. Mais, après tout, à l'écoute, le vécu d'un bonhomme importe peu (quoi qu'en disent certain...). Attachons-nous donc au contenu. Et ceux qui ont apprécié l'opus précédent ne seront pas dépaysés. C'est sombre, oppressant et l'ambiance générale ne sent pas le monoï et l'embrun marin, mais bien plus les rues crades de panam, bien loin des grandes avenues et de la Tour Eiffel !

Après une intro sonnant le retour du 7, le titre Dir-Tizidakar (vous aurez compris le jeu de mots) nous cueille immédiatement. On se souvient du son très « Lean Back » (modifié pour l'occaz, pour les cainris d'algérie...) sur lequel Larsen et Seven avaient offert l'un des morceaux les plus forts de l'album, La Bougnoule Connection ! Et bien, Seven remet ça sur son nouvel opus. Accompagné d'Alpha 5.20 il s'accapare la Dirty pour en faire un genre à sa sauce. Sa définition : « OK, on est à Panam, donc je ne vais pas faire du Dirty South ! On n'est pas à Atlanta, je vais faire du dirty crouille et Alpha, il fera du dirty cli-cli ! ». Et le résultat est là. À l'aise sur l'instru, Seven se laisse aller sur des punchlines parfaitement distillés et Alpha nous surprend agréablement sur un beat bien rocailleux concocté par Mr DJ Cream, l'architecte sonore du projet. Un voyage Paris-Dakar-Tizi-Ouzou magistralement interprété. Loin de se satisfaire d'offrir un unique morceau coup de poing, Seven récidive avec Putain d'époque, sur lequel il énumère tout ce qui gangrène ce monde pourri ! Agressif et porté par la conviction évidente de l'interprète, ce titre est sûrement l'un des plus poignants de l'album (avec le très bon morceau Une Rose au bout du Fusil avec Souad Ramani).

Côté collaborations, Seven a fait appel entre autres à H-Magum, Kamelancien, Alpha, le chanteur de raï Reda Taliani sur Un Sourire en Or, sans oublier Six Coups MC et Ol Kainry sur Sous La Lune. Très belle association poids lourds d'ailleurs, sur une instru efficace. Pour reprendre les mots de Six Coups Mc : « Le Beat a réclamé des poids lourds, des voix lourdes (...) MC, Seven et Ol Kainry, trois mecs qui te font boire la tasse dans la cuvette des toilettes ! ».

Un deuxième opus violent comme un high kick de Mirco Crocop pleine face et une confirmation que beaucoup attendaient. Certes, il faut aimer le genre, mais le public ne s'y trompera pas, dans son style Seven tient le haut du pavé. Ça sent la rue, mais après tout, quand on choisit 7, on sait à quoi s'attendre ! « Les jaloux vont mourir ! »


Teddy

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