
On s'en souvient… Une année : 2004 ; un crew : Trillville ; un Hit : « Neva Eva ». Lil Jon leur avait promis la gloire, et il a tenu sa promesse, juste un temps… Les 3 membres du groupe - Don P, Lil ATL et Dirty Mouth - ont été projetés sur la scène états-unienne, et dans une moindre mesure, sur la scène internationale, grâce à leur collaboration avec le « Self-Proclamed Prince of Crunk » Lil Scrappy, sur l'album « The King of Crunk & BME Recordings present: Welcome to Trillville ». À l'apogée du Crunk, des titres comme « Get some Crunk in yo' System », « Some Cut » ou comme il a été mentionné plus haut « Neva Eva » n'ont eu aucun mal à recevoir le succès qu'ils méritaient.
C'est cette année, quatre ans plus tard, à l'heure où les charts sont dominés par des monstres de l'industrie de la musique tels que Lil Wayne, Kanye West ou 50 Cent l'an dernier, que les jeunes membres de Trillville sortent leur premier album en solo: « Straight up, no Chaser » . Les quelques beefs avec Lil Scrappy, les difficultés rencontrées pour la sortie de « Trillville Reloaded » ou encore le départ de Dirty Mouth expliquent sûrement la prise de distance du groupe avec leur label d'origine, BME. C'est donc un Don P talentueux et au meilleur de sa forme qui se charge de la production sur ce nouvel opus, sans aucune intervention du « Petit Jon ». Et quelle réussite! Le 'grand' retour de Trillville s'accompagne également du lancement de la carrière solo de Don P avec la sortie des mixtapes "Target Practice" Volumes 1 et 2, et de quelques street singles comme "Neva Fallin' off" ou "Get Loose" qui sample Lil Jon.
Alors que certaines pistes de l'album semblent plus reposantes comme « Tonight » ou « Undacova Lova », on se perd dans une flopée de « Crunk Shits » à s‘en donner mal à la tête (tout ce qu'on aime): « Dare You to do it », « Real Recognize Real » ou « Showin' out ». Bien sûr, on n'échappe pas à quelques stéréotypes de la musique Rap et Gangsta Rap sur « Married to my Money » dans laquelle les deux Crunkeurs/Rappeurs dévoilent leur amour pour leur argent, ou encore « T.I. Gunz », une piste de soutien pour T.I.P. dans laquelle les deux rappeurs d'ATL ne cachent pas leur possession d'armes à feu en scandant haut et fort "We Got T.I. Gunz!!". On pourra trouver dommage le manque de featurings sur l'album (et notamment d'autres membres de BME), malgré quelques apparitions de rappeurs signés sur le label de Don P, mais aussi le manque d'efficacité de « Think I Ain't » et son sample screw de Jeezy. Enfin, certaines pistes sont à la limite de l'audible comme « Swag Up » et son beat douloureux pour nos oreilles.
C'est donc dans une ambiance Crunk à l'ancienne que s‘enchainent les pistes de « Straight up, no Chaser ». Un retour réussi pour le groupe d'Atlanta, au niveau de la qualité, même si on regrettera l'absence d'énormes bombes comme « Neva Eva » ou « Get some Crunk in yo' System ». L'album est très bien conduit et très bien construit, peut-être même un peu trop, avec des beats peu variés et des sonorités très semblables d'une piste à l'autre. Dommage que le manque de promotion, pour ne pas dire ' l'absence de promotion ', ne permettra pas au groupe de percer au milieu des Lil Wayne, Usher et autres gros vendeurs...