Illmatic - 10 Year Anniversary Platinum Series

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Nas

Nas

Publié le jeudi 13 mai 2004 par Sagittarius
Imprimé le mercredi 03 décembre 2008

Date de sortie: Avril 1994/2004
Label: Columbia

A l'occasion de l'anniversaire des 10 ans de carrière de Nas, le rappeur de QueensBridge ressort son premier classique IllMatic dans une version Platinum double CD. Inutile de vous rappeller que cet album sorti en 1994 donc, est un des plus grands chef d'oeuvre du rap du siècle dernier. Premier pas, premier album, premier classique : Nas est un véritable génie de la narration, nous plongeant dans son propre univers. Un descriptif inégalé débité par un flow reconnaissable entre mille.

Sans être véritablement un double CD, le premier disque est l'album Illmatic original, le second étant des remixes et des inédits, histoire de fêter cet album mais aussi pour des raisons marketing très certainement. C'est pourquoi il serait un peu inconvenu de perdre du temps à discuter du 2e CD pendant des paragraphes. Pour faire court, Life's A Bitch, The World Is Yours, One Love et It Ain't Hard To Tell ont été revu par Fury et Rockwilder, mais évidemment sans retrouver la force de l'original. Autant dire qu'ils sont obsolètes sans vraiment l'être. Sinon deux nouveaux morceaux prennent bien leur place comme On The Real et Star Wars, produits par respectivement des pionniers du Hip Hop, Marley Marl et Large Professor. Trève de barvardage, attardons-nous sur l'oeuvre en question, morceau par morceau, car toutes des classiques.

The Genesis: Celà commence par un extrait de Nas provenant de Main Source “Live at the BBQ” où on entend les vers suivant: “Street's disciple, my raps are trifle/ I shoot slugs from my brain just like a rifle/Stampede the stage, I leave the microphone split/ Play Mr. Tuffy while I'm on some Pretty Tone shit /Verbal assassin, my architect pleases”. S'ensuit l'introduction sur un instrumental musicalement typique du Queens (Wildstyle Theme), où Nas 'chille' avec son ami AZ.

NY State Of Mind: clin d'oeil à Ray Charles (Georgia On My Mind). Produit par le légendaire DJ Premier, la boucle de piano est hypnotique, addictive le tout boosté par un beat incroyable et rude. S'il faut citer la chanson de Nas par excellence, celle-ci en fait bien partie : il pose ici ses premiers vrais couplets, détaillés et émotionnels. C'était déjà un grand.

Life's A Bitch: Avec le membre de son groupe The Firm, AZ, qui est le seul featuring de cet album. Sur un son de L.E.S. assez agréable, il lâche un refrain desespérant “Life's a bitch and then you die; that's why we get high/Cause you never know when you're gonna go”. Nas continue le couplet de son acolyte avec des punchlines marquantes “I switched my motto/ instead of sayin fuck tommorrow/ That buck that bought a bottle could've struck the lotto” .

The World Is Yours: Assisté par un autre producteur légendaire, Pete Rock. L'alchimie avec le rappeur est excellente au point que l'on regrette amèrement le malentendu actuel entre les deux artistes. C'est aussi un autre grand classique de Nas, aux textes fédérateurs et visionnaires. Sans oublier de faire une dédicace ce qui lui est cher :“To my man Ill Will, God bless your life ‘It's yours!'/ To my peoples throughout Queens, God bless your life”.

Halftime: Nous sommes à la moitié de l'album. “That's like Mlcom X catching the Jungle Fever / King poetic, too much flava, I'm major”. La comparaison est sublime et très bien écrite. Large Professor signe la production. Jusque là, c'est le sans faute.

Memory Lane: 2e symbiose flow/instrumental avec Primo. Memory Lane est sans conteste l'un des plus beaux textes de Nasir Jones. Ca commence par “I rap for listeners, blunt heads, fly ladies and prisoners/ Henessey holders and old school niggaz/ then I be dissin a unofficial that smoke woolie thai”... Ajoutez à celà un refrain scratché de BizMarkie. Nas continue d'accentuer de plus en plus son talent d'écriture.

One Love: une touche soul bienvenue, apportée le Native Tongue Q Tip, des Tribe Called Quest. La chanson parle d'elle même, agrémentée par cet instrumental particulier où Q Tip s'occupe aussi du refrain. Une petite douceur en quelque sorte.

One Time 4 Your Mind: Retour aux choses sérieuses. L'instru de Large Pro est plus martelante. Deux couplets, tout est dit: Nas est au top de sa forme, et son égo tout autant. “After being blessed by the herb's essence /I'm back to my rest, ten minutes some odd seconds /That's where I got the honey at, spends the night for sexing /Cheap lubrication, Lifestyle protection” . Poète oui mais ghetto.

Represent: Encore une nouvelle collaboration magique avec DJ Premier. “Represent, represent”, pourquoi cherchez plus explicite ? Nas en profite d'ailleurs à la fin de cet avant-dernier morceau pour faire une immense dédicace : Gangstarr, LES, AZ, etc...

It Ain't Hard To Tell: La conclusion est magnifique, pour ainsi dire parfaite. Large Professor augure la fin de l'album. Pas de refrain, juste un texte récité parfaitement au mic. Nas enfonce le clou une bonne fois pour toute, méttant fin à un concentré de son talent en neuf chansons.

IllMatic est une oeuvre verbalement conjuguée au plus que parfait. Absolument indispensable dans toute les bonnes discothèques. Maintenant le dilemme : l'original ou la version platine ?

La note IllMatic: 20/20
La note du CD Bonus : 15/20

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