Derrière l'énorme succès de The Game, se cache un 'premier' homme: JT The Bigga Figga. Pour ceux qui ne le connaissent pas, il s'agit d'un rappeur/producteur respecté dans le milieu, et accessoirement originaire de San Francisco (Californie). Respecté, car il faut savoir que cette figure emblématique de la Bay a quelques classiques Westcoast à son actif en tant que rappeur: "
Playaz N The Game" ainsi que "
Dwellin' In Tha Labb"; ou en tant producteur. Pour l'anecdote, c'est ce même JT qui avait collaboré avec Daz il y a quelques années.
Bref, vous l'aurez compris, JT n'est pas un novice. D'accord me direz vous, mais quel est le rapport avec le The Game, la nouvelle coqueluche de Compton ? Certains pourraient croire que Dr Dre serait en fait à l'origine de l'émergence du jeune Chuck Taylor (aka The Game). Cela n'est pas faux, mais dans un même temps, cela n'est pas tout à fait la réalité. La découverte de MC de Compton est en partie due au flair de JT The Bigga Figga, qui est à l'origine de ses premiers pas dans le milieu. Dre n'aura fait qu'engager quelques mois plus tard, The Game sur son label (Aftermath), et lui donner l'occasion de se réveler aux yeux du grand public avec son premier album officiel, '
The Documentary'.
Passé cette fastidieuse mais nécessaire présentation des différents protagonistes, découvrons la suite du premier volet de '
Untold Story': '
Untold Story Volume 2'. Comme pour le premier épisode, ce volume 2 des "histoires inédites" de The Game n'est qu'un recueil des premiers morceaux enregistrés sous l'égide de JT The Bigga Figga, avant l'ère Aftermath (et avant le succès mondial). Par conséquent, les mêmes ingrédients ont été une nouvelle fois ressortis des placards: à savoir les mêmes principaux producteurs (JT The Bigga Figga, le rappeur/producteur d'East Palo Alto, Sean T, Charlie O ainsi que Big Hollis). Coté feats, on a cette fois fait confiance à des artistes comme Young Menace, Blu Chip (déja présent dans le précedent volume), Lord Nez, Seff Tha Gaffla, 2Face, et bien sûr l'inévitable JT. Bref, pas forcemment de grands noms bien ronflants, mais des artistes du cru. Une affaire de famille (californienne) comme aurait dit Dr Dre...
Coté lyrics, l'intéressé ne fait pas dans la dentelle. Les premiers morceaus, "
Fuck Wit Me" ou "
For My Gangstaz" (prod. Charlie O.) annoncent rapidement la couleur. Game va se la jouer gangsta, à l'instar des prédécesseurs auxquels il s'identifie (Eazy E, Dr Dre, Tupac etc..). Succédant à "
Money Over Bitches", dont les intiales correspondent au nom du groupe auquel appartient The Game (MOB, NDlR), le titre "
I'm a Mobsta" permettra de découvrir le rappeur originaire de Sacramento (Californie), Young Menace.
"
Eat Ya Beats Alive" sera l'occasion de réentendre le très bon Charlie O à la prod. Malheureusement les lacunes de Game aux chants ne pourront pas cette fois-ci être masquées, et cela malgrè le recours à une certaine forme de "name dropping", JT The Bigga Figga terminant le boulot au micro . "
Troublesome" n'étant qu'un énième égotrip, l'auditeur se contentera d'apprécier la qualité de la production. Celui qui souhaitait se pencher sur les lyrics du MC sera surement un peu déçu au vue de la maigre épaisseur des textes, et des thémes abordés par The Game.
Toutefois la track "
Just Beginning (Where I'm From)" attirera peut-être l'attention de certains. Il aura ainsi fallu attendre 8 chansons afin de pouvoir écouter un morceau plus personnel de la part de l'ancien protégé de JT The Bigga Figga. "
Just Beginning (Where I'm From)" ne sera sans rappeller le "
Thugz Mansion" de Nas et Tupac en raison de la guitare omniprésente.
Le très explicite et très court "
Born And Raised in Compton", dont le titre résume parfaitement l'idée générale de la chanson, est sans aucun doute la track la plus déroutante de l'album, car l'auditeur aura surement quelques doutes sur l'auteur du morceau. Toutefois, soyez convaincus, il s'agit bien de The Game au micro. Vous serez surement piègés par la voix particulière du MC loin de celle entendue sur "
The Documentary". A noter les discrets scratches faisant office de refrain.
Avec une voix une nouvelle fois assez inhabituelle, The Game surprendra une seconde fois son auditoire avec des textes assez conscients mais un peu contradictoire aux vues de ce qu'il nous avait proposé jusqu'à présent :
"Less drama more unity, everything's lookin a lil' clearer/ (...) No more Martin Luther shots, from off the words from Malcolm". Mais où est passé le gangsta ? A cela s'ajoute une instru aux sonorités plutôt éloignées de ce que l'on a pu écouter tout au long de cet album. L'auditeur ne sera pas longtemps perdu, puisque dès la track suivante ("
Truth Rap"), il est replongé dans l'ambiance Bay Area auquel il commençait à s'habituer. Le rappeur/producteur Sean T est à l'origine de la production, et Game derrière le micro, nous narre sa jeunesse, la vie dans le quartier, et bien sûr l'accident dont il fut victime. Une sorte de "
Dreams" made by Sean T, mélangé à un "
300 Bars & Runnin'" dans sa forme. En effet, ce morceau présente la particularité de n'avoir pas de refrain, mais seulement une succession de vers. Bien sûr Chuck Taylor n'oubliera pas au passage la petite dédicasse aux anciennes gloires: Tupac, Big Pun, Eazy E, Notorious BIG, Left Eye, Marvin Gaye, tous y ont droit.
The Game conclura, avec le titre "
The Game Get Live", sa compilation d'anciens titres. Symbolique, JT The Bigga Figga partagera une dernière fois avec son son élève, les derniers couplets de cet album.
En définitive, à l'instar de '
Untold Story' premier du nom, le second épisode apparait davantage comme un album destiné au amateurs de sons West ou aux fans du rappeur. Moins grand public que "
The Documentary", il regorge tout de même de quelques sons qui méritent l'attention. Toutefois, les auditeurs les plus avertis remarqueront rapidement les lacunes de Game au niveau du flow et la faiblesse des lyrics, qui compenseront difficilement avec les quelques bonnes prods.