Date de sortie: Septembre 1993
Label: Jive
Lorsqu'une personne souhaite découvrir un nouvel artiste, la première chose qu'elle demande au sujet du Mc (s'il s'agit d'un rappeur, par exemple), c'est: "quel est son meilleur album ?". Quand, j'ai voulu me pencher sur Spice1, comme de nombreux individus je n'ai pas dérogé à la règle, et je me suis empressé de poser LA question. Plusieurs personnes m'ont (gentillement) conseillé de jetter une oreille (attentive) sur "187 He Wrote". Ensuite, par curiosité, une seconde question me vient, en général, directement à l'esprit: "mais d'où vient cet artiste ?" En l'espèce, Spice 1, est originaire de Byron (Texas), mais a rapidement bougé vers la Californie, et plus précisemment Hayward. Cette ville ne vous dira peut être pas grand chose, car peu de grands rappeurs y sont originaires, mais pour infos, sachez que ce bled se situe au sud-est d'Oakland (Californie).
Maintenant que vous savez d'où vient Spice 1, attardons nous sur son album. "187 He Wrote", sorti en septembre 1993 (sur Jive Records), restera sans aucun doute l'oeuvre la plus aboutie de Spice. Ce CD succède à deux autres albums: "Let It Be Known" paru en 1988 et "Spice 1", sorti 4 ans plus tard.
Dès les toutes premières tracks (et comme le titre de l'album pouvait le laisser présager), Spice 1 plante le décors de son album. Dans la lignée des artistes comme Dr Dre, Eazy E et leurs NWA, Spice va taper dans le "Gangsta Rap" made in Bay Area. "I'm the fuckin' murderer" et "Dumpin' 'em in ditches" en sont les meilleurs exemples. Outre des producteurs tels que Prodeje (du South Central Cartel), E-A-Ski, CMT, Mentally Blunted, le protégé de Too Short n'oublie pas pour autant son mentor. Ce dernier enfile son costume de producteur pour assurer à son éléve des prods de grandes qualités et tout aussi variées. En témoigne les titres "Gas chamber" et "Smoke 'em like a blunt". D'une musique aux sonorités West, à un titre aux fortes tendances Raggae, il n'y a qu'un pas. Too Short ne se privant pas ainsi de donner une touche plus colorée à cet album. Teinte permise grâce aux prestations vocales de Spice tout aussi excellentes sur ce morceau, qui font qu'on n'oublie, l'espace d'un moment, qu'il s'agit pourtant d'un album bien gangsta. Toutefois, à la lecture du titre du morceau, "Smoke Em Like a Blunt", les guns , l'odeur de la poudre, et tout le reste paraissent si loin... L'effet de la Weed ? A savoir...
Ce coté Raggae mixé à la sauce West est tout aussi présent à l'écoute du refrain des morceaux "187 He Wrote", produit par Mentally Blunted, ou "Clip and the Trigga" dont la prod a été assurée par le rappeur d'Oakland, Ant Banks. La première track citée est en quelques sorte le "coeur" de l'album de Spice, dans la mesure où à elle seule, elle symbolise parfaitement l'ambiance du CD. "I write about murder and death cause thats all in the hood". Meurtre, mort, et hood (le quartier) sont les maitres mots de l'oeuvre de Spice1. Rempli de pessimisme, mais tout aussi réaliste, l'auteur décrit la (sa) vie au quotidien. Les lyrics mériteront amplement une lecture de l'auditeur.
Coté feats, de grands noms de la West répondent présents. Boss pose ses couplets sur le morceau "Don't ring the alarm (The heist)" dont la prod est assurée une nouvelle fois pas Mentally Blunted. Spice1 est accompagné du rappeur originaire de Compton, Mc Eiht, pour assurer un "The murda show". Ce dernier présente la particularité d'être l'invité de Spice, mais aussi d'être à l'origine du beat de ce morceau. Mc Eiht rappeur ou Mc Eiht producteur ? Je vous laisserez le soin d'apprécier le registre où l'intéressé s'en sort le mieux. Le South Central Cartel ne se contente pas de faire de la figuration sur le tout aussi sanglant "380 On That Ass". Enfin le "Hustler" de Vallejo, E 40, clos la liste des invités de Spice1 ("No Mail"), sur une prod signée Johnny Z. Que du beaux monde, je vous disez...
Succédant à "Runnin' out da crackhouse", "Trigga gots no heart" rappellera sûrement quelques souvenirs aux plus cinéphiles d'entre nous. En effet cette nouvelle track produite par E-A-Ski, CMT, sera d'autant plus famillières pour les personnes qui ont visioné "Menace II Society" ou pour ceux qui ont couru se procurer la BO de ce film.
Armé d'un flow toujours aussi fluide, Spice 1 nous narre une anecdote qui incitera les auditeurs à se pancher sur les lyrics de "Trigga happy". Malheureusement, avant de cloturer son album (avec le titre "All He Wrote"), on ne pourra pas ignorer la dure réalité du hood, à savoir les personnes qui "tombent au combat" dans les rues. "R.I.P" devait sûrement tenir à coeur à l'intéressé, puisque Spice s'applique particulièrement dans le chant de ses lyrics, grâce à un flow qui restera comme l'un des points forts de l'album. A noter, toutefois, la quatrième production d' E-A-Ski, CMT qui ne fait qu'embellir la prestation du Mc d'Hayward.
Comme je vous l'avez annoncé dès le début (afin que vous n'ayez pas l'idée de vous barrer à la vue du bled d'où est originaire Spice1), cet album peut légitimement être considéré comme LE "classique" du protégé de Too Short. Avec l'aide de rappeurs convertis en producteur (Ant Banks, Mc Eight) ou de beatmakers plus "avisés", Spice 1 donnera des envies de drive-by aux auditeurs les plus teigneux. La réalité du hood en 1993 y est ici narrée grâce à un flow étonnamment fluide. L'auteur n'aura ainsi, rien à envier à ses voisins MC plus médiatisés de LA, et en surprendra plus d'un grâce à ses facilités vocales derrière le micro.
En définitive, "187 He Wrote", aura qu'on le veuille ou non, marqué les esprits à sa manière. Malheureusement, le niveau général de cet album ne sera jamais égalé une seconde fois par Spice 1, qui aura, au fil de sa longue carrière alterné le bon et le moins bon. Mais une chose ne fait aucun doute: "187 He Wrote" est à ranger dans le "très bon".
EtranG the real "G".






Les dernières chroniques