Date de sortie: Avril 1999
Label: Loud Records
Inutile de les présenter. Prodigy et Havoc font un peu partie de la famille depuis le temps qu'ils s'invitent sur nos platines à toute heure du jour et de la nuit. Des connaissances de longue date, avec lesquelles on a tous quelques souvenirs en commun, des moments musicaux de grâce et autres traumatismes auditifs. Avec Murda Musik, il s'agit un peu d'une réminiscence (pas si lointaine) du bon temps, celui où Mobb Deep était encore Mobb, et surtout Deep.
Produit d'une main de maître par Havoc (qui laisse des miettes à Alchemist), l'opus est marqué par les samples froids de piano et de violon qui ont fait école partout à travers le monde du Hip Hop (et en particulier en France). Des ambiances purement dans la tradition de Queensbridge, étendard légendaire du duo. Très street, Murda Muzik entrouvre néanmoins la porte à quelques écarts dans la « philosophie » des deux compères : refrains chantés, sonorités allégées, mais toujours avec la même hargne, la même force de coller au bitume.
Murda Muzik comporte ainsi un nombre assez impressionnant de tracks à mi-chemin entre club (ne lisez pas dancefloor, s'il vous plaît !) et street anthems : les hymnes « U.S.A », « Quiet Storm » (et sa prestation béton de Prodigy), le parpaing « It's mine », sur lequel Nas vient en voisin sur le thème de Scarface, ou encore les solides featurings de Kool G Rap, Raekwon, Cormega ou Big Noyd (rien que ça…). « Streets raised me », l'excellent « Adrenaline », le compromis mais réussi « Thug musik », sont autant de preuves de la facilité avec laquelle Havoc et Prodigy mènent leur affaire sur cette galette.
Sur des beats parfaitement maîtrisés (quoique beaucoup plus propres que sur les opus précédents), les ogives se suivent les unes après les autres. Murda Muzik porte bien son nom et fait effectivement très mal, associant sans faute les appels du pied à une plus large reconnaissance, et les morceaux aussi rugueux que les rues de QB. Il va sans dire que cet album prend de la valeur avec le temps, et qu'on se réserve le droit de l'idéaliser avec un soupçon de nostalgie. L'écoute de Murda Muzik nous ferait presque écrire « Rest In Peace Mobb Deep ». Ca ne serait que provocation, mais qui pourrait solidement le contester ?






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