P Diddy & Bad Boy Records present We Invented The Remix… Oui c'est vrai, P Diddy a ‘inventé' le remix … dans le monde du rap/r&b du moins. Comme il le dit lui-même dans l'introduction, il n'était alors que manageur des Jodeci chez Uptown Records lorsqu'il a remixé le single de « Come and Talk To Me » qui a connu un certain succès au début des années 90. Sean ‘Puffy' Combs a depuis toujours eu le chic de lancer des artistes à succès mais aussi des tendances pourrait-on dire. Au sujet des remixes, c'est un précurseur en la matière et là dessus, pas moyen de lui donner tort. Lui-même, lorsqu'il a sorti ce type de compilation, bon nombre de labels et maisons de disque ont repris cette idée. Souvenez-vous en 2002 combien les bacs étaient remplis d'albums de remix douteux à la qualité plus ou moins laborieuse: Destiny's Child, Jennifer Lopez, même Nas… Mais avec P Diddy, il faut s'attendre à un bon produit commercial, c'est-à-dire qui plaît facilement en faisant ça bien, en reprenant les derniers hits de ses artistes de son label (exception faite de son amie Mary J Blige) sortis pendant l'année 2001/2002.
Le but du remix en résumé, c'est de donner un nouveau gain d'intérêt à une chanson (le plus souvent un single) et pour cela, il y a plusieurs manières. La première, la plus simple, est de rajouter un supplément de couplets à un titre déjà connu, en mixant différemment le même instrumental de base, de sorte à rallonger la liste superstars triés sur le volet. C'est le cas de « That's Crazy » de Black Rob, P Diddy et G Dep, auxquels se sont ajoutés parmi eux Missy Elliott et Snoop Dogg. Même sort pour « Bad Boy 4 Life », gonflé à bloc grâce à Busta Rhymes et les M.O.P. qui jouent des remplaçants de tonnerre. Plus surprenant, celui de « Special Delivery » : les flows de Ghostface Killah et Keith Murray se marient à merveille, sans oublier le retour de… Craig Mack ! L'homme que l'on attendait pas du tout et qu'on n'avait plus entendu depuis « Flava in ya Ear » … le remix (drôle de coïncidence) sorti en 94 avec Notorious BIG, Ll Cool J et Busta. Globalement, les combinaisons d'artistes ont de quoi surexciter les amateurs de rap et prestations sont de bonne teneur tout en évitant cet aspect de surenchère. L'effet rendu par ce surplus est sans appel : on surkiffe.
La seconde manière de faire un remix est de garder les acapelas par défaut, sinon totalement réinterpréter les paroles, sur un tout nouvel instrumental. Le résultat aboutira à une version alternative du morceau original, si possible meilleure et permettant l'écoute des textes sous un angle perpendiculaire voire opposé. Toute une philosophie. Mais on est sûr de rien avec cette méthode-là, soit le remix est catastrophique (le « Notorious » franchement raté), soit très réussi comme c'est le cas de « No More Drama » de Mary J Blige (la version initiale étant extraite de l'album du même nom). L'enchaînement entre « Dance With Me » feat Beanie Sigel et « Peaches & Cream » feat Ludacris est bien exécuté au passage. Attention néanmoins à ne pas en faire trop : il ne fallait peut-être pas faire un remix électro de « You Gets No Love » de Faith Evans en reprenant l'air ultra-pompé de « Sweet Dreams » des Eurythmics. Surtout qu'à cette même période, Pink a eu la même idée pour « Get This Party Started » feat Redman. Et si le hit radio « I Need A Girl pt 2 » feat Usher ne vous a pas suffi, « I Need A Girl pt 2 » avec Mario Winans, Loon et Ginuwine risque fort de provoquer des indigestions. Sans parler de « Unfoolish » d'Ashanti qui fait dans la récupération de couplet posthume de Notorious BIG. Les fans de rap/r&b adorent ça en tout cas.
Et puis enfin, troisième façon d'opérer, faire ce qu'on appelle un ‘blend'. Ceci consiste à mélanger un acapella avec un instrumental déjà existant comme par exemple ici, Carl Thomas avec « Long Kiss Good Night » de Biggie pour donner « Woke Up In The Morning ». Ou comment faire du neuf avec de l'ancien. Quoiqu'il en soit, pour n'importe quelle situation, P Diddy a le don de refaire faire des hits en puissance, et c'est bien mieux que l'entendre rapper.






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