Trois ans après son premier album Doggystyle, et son succès mondial grâce au cultissime « Who I am ? (What's my name) », Snoop Doggy Dogg est de retour avec son nouvel opus baptisé Tha Doggfather », titre faisant bien évidemment référence à la saga cinématographique « Le Parrain » ( The Godfather en VO). Seulement, les données ne sont plus tout à fait les mêmes qu'à l'époque de son premier solo. En effet, Tupac Shakur aka 2Pac, qui était devenu l'ami de Snoop, meurt quelques semaines avant la sortie de l'album (qui lui sera dédicacé). De plus, Dr Dre a déjà quitté le navire Titanic Death Row quelques temps avant, et Suge Knight est incarcéré, pour violation de liberté conditionnelle. Le tout cette même année 1996. Tous ces événement se répercutent sur la promotion de l'album, réduisant ses ventes finales à deux millions d'exemplaires. Résultat décevant comparé à son premier opus, quadruple platine en moins d'un an.
Pourtant la qualité de l'album, elle, n'en a pas souffert, car même si le docteur et mentor n'est plus présent aux commandes, Dat Nigga Daz, Soopafly, Arkim and Flair, LT Hutton mais surtout DJ Pooh, ne laissent pas le Doggy Dogg dépourvu de bonnes productions, bien au contraire. DJ Pooh, le DJ de Ice Cube, produit les 3/4 de l'album notamment l'entraînant premier single « Snoop's Upside ya Head ». D'autres tracks g-funk à souhait sont toujours signées par la patte du DJ, telles que « Up Jump tha Boogie », « Snoop Bounce », « Doggyland », « You Thought » (où too $hort fait une apparition remarquée), ainsi que le plus gros son de l'album : « 2001 » en feat avec Bad Azz, Kurupt et Threat. Sur DoggFather, Snoop s'essaye même à la production en collaboration avec LT Hutton, en revisitant le célèbre « It's like that » des Run DMC, donnant un résultat plutôt réussi. Malgré le très bon travail de Dj Pooh à la prod, Daz ne fait pas office de figuration car il produit deux bonnes tracks, dont le désormais classique « Groupie » où une belle brochette d'artistes comme Tha Dogg Pound, Nate Dogg, Warren G et Charlie Wilson exposent leur amour pour leur public féminin peu farouche.
L'album s'achève sur une outro en hommage à 2pac, dans lequel figure un extrait d'un live de Snoop, où le public présent reprend avec le chien le couplet du défunt rappeur extrait de « 2 of Amerikaz Most Wanted ». En conclusion, Snoop Doggy Dogg frappe fort avec son deuxième album, qui est, encore aujourd'hui, le meilleur après Doggystyle. En effet, il ne parviendra pas à dépasser son prédécesseur car malgré un bon travail de Snoop et des différents producteurs, il manque des hits capables de s'imposer sur le long terme, comme l'ont été « Who I am ? (What's my name) », « Gin & Juice » ou encore « Murder Was The Case ».
Cet album signe aussi la fin du succès de Death Row, car étant en mauvais termes avec Suge Knight, Snoop Doggy Dogg ainsi que ses acolytes du Dogg Pound finiront par quitter le label pour voler vers d'autres cieux plus sains. Le label rouge amputé de toutes ses stars et géré par un boss qui n'arrive même pas à se gérer lui-même, terminera en chute libre, n'arrivant à renflouer les caisses seulement en sortant d'incalculables best of de ses anciennes gloires passées…
- Revu par Sagittarius -






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