Mr Vegas, ou l'enfant roi du ragga dancehall, éternel chanteur juvénile et accrocheur, classe et accessible. Voilà quelques mots qui pourraient définir un peu mieux Mr Vegas pour ceux qui ne le connaitraient pas. Heads High, premier album de notre homme, sort en 1998 (belle année pour le foot français comme pour le dancehall jamaïcain !), porté par le tube planétaire éponyme, gros classique du genre, qui retourne le dancefloor à chaque fois qu'un DJ est suffisamment éclairé pour le faire tourner.
Le style de Mr Vegas est plutôt le sing-jay (la chanson). Il ne toast pas systématiquement, mais lorsqu'il le fait, il s'en sort très bien. Les chansons de Vegas sentent généralement bon le soleil et les filles, il aime la légéreté, le badinage (comme le dirait ce cher Marquis de Marivaux). Le tube "Heads high", mais aussi l'excellent "Sweet Pineapple", ou la combinaison "Miss Tracy" avec Tok, illustrent parfaitement l'univers de Vegas. Il chante bien, voire très bien (le superbe "Got to be me"), mais n'hésitent pas à changer d'atmosphère, comme sur le terrible "Nike Air (Hands in the air)". Sorte de golden boy du ragga, Mr Vegas transforme tout ce qu'il touche (chante, en l'occurence) en succès. Ainsi, il se lance éffrontément dans une reprise éhontée du tube de Madonna sur l'ahurissant "Pop Style". Sur ce titre, l'artiste fleurte dangeureusement avec la soupe commerciale (diront certains...), sans jamais sombrer du côté obscure (...s'appercevront les autres !). C'est toute la force de jeune artiste d'alors, qui ne reculait pas devant la possibilité de servir des tubes gentils et populaires, tandis que les rude boys (Bounty Killer) en tête étaient plus rough que jamais.
A contre courant (enfin, pas tout à fait non plus) en 1998, Vegas est devenu l'un des meilleurs chanteurs ragga. Son style a fait école depuis, lui qui se revendiquait clairement comme l'héritier de Wayne Wonder et surtout de l'exceptionnel Sanchez. Sur tous les riddims les plus hot de l'époque, Vegas enchaîne les titres sans faute de goût, il se promène sur ce premier effort comme un vieux barroudeur, avec une aisance surprenante et une efficacité étonnante. "No no no", "Hit him back" ou encore "Jump around" sont autant de bonnes tracks qui confirment le talent tout terrain du jeune homme. Un artiste prometteur qui a depuis confirmé tout le bien qu'on pensait de lui à l'époque, et qui s'est lui aussi envolé vers les cieux plus clairs de VP, en quittant son label d'origine, le mythique Greensleeves. Une belle arrivée sur le devant de la scène.






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