Parmi les artistes qui ont marqué la fin du deuxième millénaire, il y a eu l'énigmatique Kid de Minneapolis, Prince et son mètre 55 de génie, d'excentricité, de phéromones et de mégalomanie. Nous sommes en 1984 et Warner Records propose de subventionner son premier album en major, Purple Rain. Pourtant ce n'était pas une mince affaire de ‘dompter' cet artiste complet et autodidacte, dont on a l'impression qu'il a ramené de la musique Funk de l'an 1999. À vrai dire, Prince et son groupe The Revolution procédaient sans se soucier des règles pré-établies.
L'enregistrement s'est déroulé d'une drôle de manière, les musiciens regroupés dans une seule et même pièce, sans isolation phonique, encerclés par des câbles électriques qui traînaient comme des sacs de nœuds. C'est dans ce désordre qu'a pu naître « Let's Go Crazy », une œuvre grandeur nature : une entrée en matière qui débute par un sermon sur fond d'orgue, avant de littéralement partir en orgie festive avec un rock'n roll tonitruant, des caisses claires futuristes pétaradantes et des notes de synthés euphoriques, avant de s'éteindre avec un finish digne de ce nom. Décoiffant ! Pour maintenant les dancefloors à bonne température, « Baby I'm a Star » dévoile un autre talent inné du Nain Pourpre, la danse, le vidéoclip faisant Foi.
Autre hit incontournable, « When Doves Cry » est un prototype en lui-même, car ne possède aucune ligne de basse. Ou comment prendre à contre-pied un légendaire « Billie Jean ». Prince était tant culotté que visionnaire. Même lorsqu'il s'agit de créer des ballades plus formelles dira-t-on, il excelle, preuve sur le mid-tempo « Take Me With You », grâce à une dimension orchestrale emmenée par des violons. Grâce, il est en question sur « Beautiful Ones », une fantasque histoire d'amour conjuguée au plus que parfait, qui semblerait provenir des jardins Eden. Avant de partir comme un prince (sic), l'interminable medley « Purple Rain » parachève ce chef d'œuvre avec majesté, une apothéose qui restera à jamais gravée dans l'Histoire de la Musique.
Classé parmi les plus grands albums du siècle dernier, Purple Rain fut un succès colossal, près de six mois en tête des charts et plus de dix millions d'exemplaires vendus. En concurrence directe avec l'immortel Thriller de Michael Jackson.






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