On prend (presque) les mêmes, et on recommence. Voilà qui pourrait traduire les intentions du projet Taxi 2 sur grand écran, avec la reconduction de la joyeuse équipe composée par Luc Besson autour de Samy Nacéri, mais aussi sur disque, pour une bande originale de nouveau confiée aux mains expérimentées d'Akhenaton (et plus largement de son pool de producteur, Al-Khemya). Si la Fonky Family, Chiens de Paille, le 3ème Œil ou encore Carré Rouge avait fait parler la poudre sur le premier volet des aventures musicales de Taxi, Akhenaton a misé sur la cohésion et la cohérence pour cette nouvelle mouture d'une bande originale presque aussi attendue que le film lui-même. On retrouve donc un groupe composé uniquement pour l'occasion, au sein duquel complémentarité et fraîcheur sont les maître-mots. Les rappeurs Faf Larage (proche de longue date du Côté Obscur), Disiz La Peste, Vasquez Lusi (Less' Du Neuf), la chanteuse Jalane et les chanteurs reggae Taïro et Nuttea (lui aussi habitué aux collaborations avec le crew marseillais) sont ainsi réunis sous les ordres d'un Akhenaton plutôt à l'aise dans son rôle de chef d'orchestre.
Lancé par le tube « Millénaire », qui accueille à bras ouvert l'année de sortie de la bande originale (2000), la tracklist comporte seize titres comme autant de combinaison entre les protagonistes de One Shot, qui multiplie les apparitions en troupe, en solo, duo, trio. Les solos constituent de bonnes présentations pour des artistes souvent méconnus ou inconnus du grand public de l'époque. Ainsi, malgré plusieurs années d'activisme acharné, Faf Larage (avec le solide « Danse dessus ») et Nuttea (le single mélancolique « Elles dansent ») sont propulsés au grand jour via cette bande originale. La reconnaissance est également au rendez-vous pour le rookie Disiz, qui s'impose avec le décalé « Il faudrait que t'arrêtes », et surtout le duo « Lettre ouverte » avec Jalane, soutenu par le réseau FM du moment. Vasquez Lusi entrevoit la lumière après des années d'underground sur le titre « Un peu moins de mystère », alors que Taïro revêt la tunique d'espoir de la scène reggae française avec son excellent et très mélodieux « L'homme n'est qu'un apprenti ». Sa combinaison rentre-dedans avec Nuttea sur « Trop de polémiques » ne manque pas non plus de retenir l'attention en rappelant que la distinction commercial/underground reste un accessoire brandit à tort et à travers, et que le succès d'une œuvre reste une rencontre avec le public plus qu'une préméditation. Les morceaux sans concession sont également au rendez-vous, avec « A la conquête » (Vasquez, et Disiz), « Mea Culpa » (Faf, Taïro et Jalane), le très Hip Hop « Truc d'MC » entre Vasquez et Faf Larage, ou encore l'imposant et revanchard « Ballade pour un traître » (Vasquez, Faf et Nuttea). Les productions sont en grande partie assurée par Akos et DJ Ralph d'Al-Khemya, Akhenaton n'œuvrant qu'à deux reprises, dont sur « Dancefloor Furie » sur lequel officient également Freeman, et Shurik'n sur la partie maquée de la piste.
Projet rondement mené et globalement convaincant, ce Taxi 2 constitue une entrée en matière intéressante pour un public non averti en priorité. Ouvert sans être facile, l'ensemble demeure soigné et apporte un flash lumineux sur des artistes méritants et appliqués à la tâche. A noter d'ailleurs que le chanteur/toasteur Nuttea surfera sur la vague de ce coup de projecteur pour sortir son opus crossover Un signe du temps (et sa volée de tubes radio), alors que Disiz connaîtra la consécration quelques mois plus tard avec les hits « Ghetto Sitcom » ou « J'pète les plombs » issus de son album Le Poisson Rouge. Plus réfléchi, moins spontané que le premier volume (à l'instar du film), cette bande originale reste de bonne facture, et mise sur la cohérence et la fraîcheur du groupe plutôt que sur la profusion de titres mythiques qui ont envoyé la première mouture dans la légende.






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