Longtemps annoncée depuis 2000, on avait fini par se résigner quant à la sortie de cette compilation prometteuse. D'un côté, les stars Jamaïcaines du ragga dancehall, remontées à bloc et bien décidées à percée les frontières pour s'installer sur la marché US, de l'autre, quelques stars du rap made in america (de chez Def Jam, si possible...). Entre les deux camps, un goût prononcé pour la musique et l'envie de réaliser quelques combinaisons solides entre artistes de talent.
On commence avec "Straight off the top", grosse entrée en matière sur un instru costaud, pour les trois premières têtes d'affiches : trois rookies (à l'époque, devenus stars aujourd'hui !), Juelz Santana, le chanteur Wayne Marshall et Vybz Kartel. Deuxième titre et la tendance se confirme, c'est du lourd, et les invités sont prestigieux. Capone et Noreaga se joignent donc à Wayne Wonder et Lexxus pour un "Anything Goes" d'excellente facture. Le remix de "Mardi Gras" fait atteindre un niveau de haute volée à cette galette, puisque les très bons Tanto Metro & Devonte réussissent une performance particulièrement convaincante avec Joe Budden himself. "Lyrical 44", réunion au sommet entre Method Man, Redman et Damian Marley, sur un instru massif, reste d'une qualité louable, malgré un air de déjà entendu. La suite oscille entre le bon, et le moyen, sans que personne ne déçoive vraiment. On reste parfois déçu à l'écoute des titres, non pas qu'ils soient mauvais, mais surtout parce que les combinaisons annonçaient (à tort, parfois) de véritables boucheries auditives. C'est le cas notamment du duo Buju Banton / Cam'ron (qui ne portait pas encore de rose à l'époque !) sur "Sweetness", de la perle potentielle "Murda" réunissant Scarface, Nokio (de Dru Hill) et T.O.K, qui reste malheureusement assez conventionnelle. Ghostface Killah et Elephant Man sont, quant à eux, à la hauteur de leur duo, à savoir énormes. Ils se promènent sur l'instru et s'affichent clairement comme deux des plus grosses pointures de la compilation (même si, quoi qu'on en dise, le tube aurait pu être un pipeline, (désolé pour le jeu de mot)). Les Jungle Brothers réussissent eux aussi leur titre avec Black Ice, et confirment que l'ancienne génération n'a pas encore abdiquée devant les jeunes loups. La fin du disque est consacrée à quelques rencontres de haut vol déjà entendue ici ou là. Le "Dude (remix)", de Beenie Man, d'abord, avec Shawnna, qui n'apporte pas grand chose à la version originale ; puis le "Top Shotta" des monstres DMX, Sean Paul et Mr Vegas (là quand même...), déjà présent sur la piteuse Bo du piteux Belly, mais qui s'écoute avec un certain plaisir. La compilation se referme sur le remix du tube "Frontin'" (Pharrell, Jigga, Vybz Kartel et Wayne Marshall), plus agréable que l'original (que, personnellement, je n'aime pas).
Après un départ de feu, cette compilation se perd donc un peu dans les différentes rencontres, malgré un casting impressionnant et un soin indéniable apporté à la réalisation globale. Le but de l'opération, qui était de permettre aux artistes ragga de s'ouvrir le marché US, est complètement passé à côté, mais le résultat demeure appréciable. Une porte d'entrée sympathique pour ceux qui veulent se mettre à la musique jamaïcaine, une passerelle efficace pour tout le monde.






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