A défaut d'avoir officiellement traversé le désert entre Art de Rue et Marginale Musique (hormis un bien discret Hors Série vol.2), la Fonky Family peut se vanter d'avoir sillonné le pays pendant plusieurs mois pour défendre les couleurs de son deuxième opus. Attendu avec une certaine ferveur partout en France, les membres du groupe l'étaient surtout du côté du Dôme de Marseille, pour porter haut leur musique lors d'un passage évènement sur leurs terres phocéennes.
Forts de solides références sur disque et d'une réputation qui n'est plus à faire sur scène, Don Choa, Le Rat, Menzo et Sat déboulent donc sur ce double album live avec la ferme intention de s'inscrire parmi les performers les plus efficaces du genre. Rempli de tubes et de morceaux mythique, l'ensemble à de quoi enthousiasmer. Pourtant, si la fougue du clan marseillais est bel et bien contagieuse sur scène, la version sonore s'avère souvent brouillonne, à la qualité d'enregistrement correct mais aux prestations trop exaltées pour être appréciée sans support visuel. Si certains passages donnent toujours des frissons, comme les tubes de la première époque "Si je les avais écoutés", "Sans rémission" et surtout "L'amour du risque", d'autres titres font un effet moindre. Ainsi, la foule a beau frémir aux premières notes de "Mystère et suspense", force est de constater que la performance (à l'instar du morceau) n'apporte pas grand-chose au genre. Le constat est malheureusement identique pour bon nombre de munitions issues du mitigé Art de rue : "Filles, flics, descente" s'avère aussi plat que sur disque, tout comme "Faut qu'on s'accroche" ou l'inutile "Check 1,1,1", qui ouvre le second disque. Heureusement, tout n'est pas insipide et les bons moments demeurent plutôt intenses, à l'image du "Sacré" de Luciano, ou du clin d'œil collectif à la grande époque du "Shit Squad". L'électrique "Haute tension" fait également gros effet sur l'ambiance, alors que le tube "Art de rue" achèvera une foule d'auditeur en même temps qu'il provoque l'hystérie du public.
Bien que fourni en tubes, le dernier opus de la Fonky Family se montre léger sur scène (bien que sans doute conçu en grande partie pour cet exercice). Ce sont même les morceaux des années Si Dieu veut… qui opèrent un impact réel a posteriori. Un peu surfaite, la prestation de la Fonky n'entre pas dans la légende (on est quand même à des milles du Live mythique d'NTM). Sans doute qu'à cette époque, le groupe montré déjà les signes d'un page tournée sur sa propre histoire.






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