Présent dans les travées du Hip Hop depuis la fin des années 80 et l'époque du Soul Swing N'Radikal (qu'il formait avec Faf Larage, ex-Dope Rhyme Sayer et DJ Rebel, ex-Rebel Juice), Def Bond n'avait rien d'un rookie en 1999, à l'heure de sortir son premier opus solo, Le Thème. Rodé aux shows radios (dix ans de Total Kheops aux côtés de son pote d'IAM) comme aux ambiances funk, l'ex-Grand Organisateur DEF nous invitait, via Sad Hill Records, à partager ses influences Rnb (il fait partie des spécialistes du genre en France), funk, sa plume fine et ses rimes tout terrain sur un opus produit par son double, Kheops.
Le thème, ce sont deux facettes distinctes mais complémentaires du personnage Def Bond : le player egotrip et hype, d'un côté, un homme réfléchi et concerné, de l'autre. Si le premier aspect de l'artiste se fait sentir avec panache sur les tubes rnb/funk de l'opus ("VIP" avec Moïse, "Blah blah blah" en duo avec Matt ou encore "Crossover" avec N'Dee), il est évident que c'est le second qui apporte de la consistance à l'ensemble. Posé, souvent grave, Def Bond aborde des sujets aussi personnels que sensibles à bien des reprises. "Qui sait au fond", comme "Demain je meurs" traitent de la souffrance, de la séparation ou de la maladie avec une pudeur et une simplicité touchantes, Def Bond trouvant les mots justes pour ne pas verser dans le surfait ni dans la banalité. Regard croisé sur son propre parcours d'homme, "Tant pis" le montre à cœur ouvert, bercé par ses doutes, ses incertitudes, ses regrets et une pointe d'espoir bienvenue. Ne dramatisant rien de ces situations, Def apparaît comme un personnage plein de vie, capable de kicker sur un beat funk ("Funk 13" ft. Sté Strausz, "Mars 2000" ft. IAM), d'haranguer la foule ("Plus de monde" ft. K-Rhyme le Roi et Freeman, "Non stop"), autant que de s'ouvrir sans retenue et sans excès à l'auditeur. Marqué par de gros tubes, à l'instar du duo avec le chanteur Oliver Cheatam ("Old School Love"), autant que par les influences cinématographiques et culturelles du bonhomme ("Le thème", "Chinese Connection"), cet opus demeure incontestablement comme l'un des vestiges les plus en vue de la grande époque de Mars.
Sans renier ni l'une ni l'autre de ses facettes, l'artiste se montre à l'aise dans tous les registres. Chose rare dans le rap français du moment, il n'hésite ni à s'épancher sur ses sentiments, ni à tout laisser de côté pour atteindre les clubs au gré d'un beat contagieux et de lyrics légers et détendus. Bénéficiant d'un travail en binôme avec Kheops (avec qui il partage le goût pour la funk et le Rnb), Le thème retient l'essentiel des caractéristiques d'un rappeur mûr, qui a su attendre son heure pour livrer un album solide sur la durée.






Les dernières chroniques
