Nous sommes en 1994, année qui fut définitivement celle des lyricistes avec de grand noms tels que Nas (Illmatic), The Notorious BIG (Ready To Die), Jeru the Damaja (The Sun Rises In The East), O.C. (world...life), Gangstarr (Hard to earn),... autant d'artistes rappeurs ou groupes qui signèrent les uns après les autres des grands classiques du Rap US. Mais un autre MC du nom de Common Sense provenant du Midwest, et de Chicago plus précisément, scène moins fertile en artistes que New York et Los Angeles, nous dévoile cette même année 94 une perle nommée Resurrection, son deuxième essai.
A la vue de la tracklist on remarque que Resurrection est divisé en 2 parties : "East Side Of Stony" et "Westside Of Stony", Stony étant une rue du Sud de Chicago où Common a grandi et a suivi l'éducation que la rue lui a enseigné.
Dès le lancement de l'abum, on se sent comme transporté par cette magnifique entrée en matière tant cette boucle de piano faisant office de beat, les refrains scratchés et le magnifique flow de Common sont fluides et mélodieux. Après l'écoute de cette intro très réussie, on se demande si la deuxième track - en l'occurrence "I used to love H.E.R." - va lui arriver à la cheville, mais en fin de compte cette chanson est un vrai chef-d'œuvre lyricalement parlant, c'est en fait une personnification du Hip-Hop qui prend ici la forme d'une femme. Cette chanson est l'une des plus belle de l'histoire du Hip-Hop, et elle devrait à elle seule motiver ceux qui ne parlent pas l'anglais à reprendre leurs cours, car l'écouter seulement pour le flow et sa mélodie mélancolique n'aurait aucun sens.
Les productions quant à elles sont toutes très soignées et abouties, à l'image du magnifique "Nuthin To Do", elles permettent à Common de démontrer toutes ses capacités lyricales. Les instrumentaux sont pour la totalité produits par NO I.D., à l'exception de "Sum Shit I Wrote" et du sublime "Chapter 13 ( rich man vs. poor man)" qui évoque les inégalités raciales :
"Ynot... let me tell you a story
Okay it was a black man, a white man and a Chinese man
The black man of course he was poor
The white man... he was rich
And the Chinese man, he owned a store(...)
(...) And at the Chinese man's store is where they all meet
Not really on the good foot
cause the white man kept steppin on the black man's toes
And in his shoes there were holes
But the white man didn't care(...)"
On se rend compte après l'écoute de ce morceau et du très bref et rythmé "Communism", que Common Sense a aussi un message plutôt engagé à faire passer.
Dans cet album, Common nous montre toutes les facettes de sa personnalité, surtout les plus énervées comme sur le puissant "Orange Pineapple Juice" avec son flow saccadé. Dans le même registre, il nous raconte son train de vie quotidien avec le réussi "Book of life" ou encore dans "Maintaining". Pour clôturer cet album, rien de tel que l'intervention de son père Lonnie Lynn pour un "Pop's rap" et son spoken word très posé.
Cet album est son second mais aussi son dernier sous le pseudonyme Common Sense, un groupe de raggae l'ayant attaqué en justice car ils portaient déja ce nom avant lui : c'est la raison pour laquelle il s'est rebaptisé simplement "Common".
En réalisant ce classique, SON classique, Common se forge une réputation de rappeur conscient et de lyriciste prestigieux. Un album à posséder absolument et plus particulièrement à ceux qui apprécient les ambiances Jazz/Hip Hop.
EDIT:Merci à Moua pour l'info.






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