Nous sommes en 1998, le rap est en pleine mutation : les Nas, Mobb Deep sont en perte de vitesse et pour ne rien arranger, Biggie vient de se faire assassiner. La cote East connaît un sérieux changement avec l'arrivé de rappeurs tel que Busta Rhymes, Big Pun, Capone-N-Noreaga. C'est dans ce contexte que le label Rawkus fondé en 1996 par Brian Brater et Jaret Meyer parvient à se faire une place notament grace à l'album Black Star de Mos Def et Talib Kweli, avec qui ils signeront leur premier gros succès.
Si Talib Kweli est alors un parfait inconnu, Mos Def lui s'est déjà fait remarquer sur l'album Stake Is High de De La Soul un an plus tot. A eux deux, ils s'emploient tout au long de l'album à redonner cette petite touche old-school qui n'a cessé de se diluer ces dernières années. "B Boys Will B Boys" en est le meilleur exemple, nos deux compères se relayant à chaque mesure pour finir ou compléter la phrase de l'autre. Ambiance que l'on retrouve également sur "Children's Story" où Mos Def en solo reprend le titre du même nom de Slick Rick dix ans plus tot.
Les prods qu'en a elles sont souvent minimalistes mais terriblement efficaces, Hi-Tek étant le producteur principal, remplissant parfaitement son rôle en adaptant parfaitement ses beats aux deux rappeurs de Brooklyn. Brooklyn justement sera mis en avant sur "Definition" le single qui attire l'attention du public sur Mos Def et Talib Kweli avec ses sonorités africaines. En effet, ils n'oublient pas leurs racines et prônent l'unité des noirs sur "Astronomy" ainsi que sur le magnifique "K.O.S Determination" qui invite Vinia Mojica au refrain. Magnifiques, "Twice Inna Lifetime" qui clot l'album en beauté et "Brown Skin Lady" le sont également, sur cette dernière, on ne cachera pas notre plaisir de ne pas entendre les mots « bitch » et « pussy » pour une chanson s'adressant à une femme, ici en l'occurrence une véritable poésie. Common vient apporter une touche supplémentaire à l'album sur "Respiration", une exellente track une fois de plus.
Des thèmes variés et conscients, une complémentarité digne d'EPMD, des flows parfaitement accordés aux prods, des lyrics travaillés, voilà le contenu de cet opus purement hip-hop. C'est donc avec un sentiment d'apaisement que l'on enlève cet album du lecteur CD et avec la conviction que la relève est bel et bien présente.






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