STORY OF CANIBUS, CHAPTER 2
Mécontent de la qualité artistique de Can-I-Bus, malgré un disque d'or obtenu très rapidement, 'Bis décide de stopper sa collaboration avec Wyclef, tout en restant chez Universal. En 2000, il se remet au boulot et livre son deuxième solo intitulé un peu facilement "2000 BC" (Before Canibus). Cette fois-ci, finis les beats soft, le paysage musical de l'album correspond beaucoup mieux au style agressif de Bis. Après une intro un peu brouillonne (un collage enchevêtré de phases de Can-I-Bus), on rentre directement dans le vif du sujet avec "The C-Quel", où Canibus annonce qu'il est de retour, et qu'il n'a pas l'intention de baisser le pied sur les lyrics de battle. A peine le morceau terminé, on entend déjà les sirènes avertissant de l'assaut lyrical à venir. Dans la chanson titre, sur un fond apocalyptique orchestral d'opéra, 'C' enfonce le clou par un festival de punchlines, détruisant ses adversaires MCs imaginaires par des phases en acier trempé dans le premier couplet, s'excusant pour son premier album en accusant Wyclef dans le deuxième, et expliquant qu'il rimait déjà avant Jésus Christ dans le dernier. Une pure claque !
Journalist rejoint Canibus sur 2 titres : sur le premier "Life Liquid", il font couler le sang de leurs ennemis par armes à feu ; alors que "Die Slow" leur permet de régler le compte des critiques prompts à descendre le travail des artistes... Alors que les sujets abordés dans l'album sont très peu variés (de la pure battle-rhyme, seule la cible change), l'étendue du vocabulaire, les idées originales et la maîtrise microphonique impressionnante de Canibus permet à l'auditeur de ne pas s'ennuyer, et au contraire, d'attendre la prochaine punchline avec impatience. Démonstration sur la deuxième grosse bombe de "2000 BC", "Mic-Nificent", un egotrip parfaitement exécuté tant dans le fond que dans la forme, complexe et rythmé.
"Yo, sittin on chrome, sittin on low pro 20 inch firestones
Grippin the road with the wickedest flow"
"I write rhymes using your blood for my ink cartridges"
"I'll pray on them, I'll spray on them
First nigga to violate I'll regulate without warning"
"Yo, Yo, I'm faster than leopards running across the vast desert
In twenty-two yards per second to catch me to daily delicatessen
With thirty minutes to eat'em, forty minutes to digest 'em
And fifty minutes for it to pass through my intestines "
"My rhymes, confuse niggas like somebody try to gang-bang
wearin a blue shirt and red pants"
"When I aim and fire my rhymes, like a hundred cannon balls flying
Striking you one at a time, in a parallel line
While the art of emceein is steady dyin
That nigga Canibus is still in his prime, bust a rhyme"
Chaos fournit un bon vieux beat piano-violon sur "Watch Who You Beef Wit" pour un titre moins rapide mais tout aussi violent. L'immense Rakim est invité à la fête sur "I'll Buss Em U Punish Em" malheureusement gâché par une instru douteuse. Après un excellent passage acapella de Pharoahe Monch en guise d'introduction, on voit apparaître pour la première fois le super-groupe de lyricistes créé à l'initiative de Bis, les Horsemen : Kurupt, Killah Priest, Ras Kass puis enfin Canibus déchirent une instru simple mais efficace, chacun dans son propre style de tueur, annonçant de futures collaborations bien prometteuses. Passons sur les très moyens "Lost@C" et "Phuk U" pour terminer sur une nouvelle démonstration de emceeing : "100 bars" de battle, sans pause ni refrain, une peccadille pour Canibus, qui prévient quand même "Don't try this at home". Un pseudo-acapella "Chaos" conclut l'album pour de bon.
Bilan : les producteurs en charge de cet album (Chaos à 4 reprises, Tyrone Fyffe à 2 reprises, JuJu, Danny P et Punch en particulier), sans être extraordinairement inspirés, ont réussi à donner à Canibus un environnment sonore qui lui correspond : des beats agressifs et rythmés qui lui ont permis de démontrer son habilité hors-norme au micro et avec son stylo. Au passif de "2000 BC", un manque de diversité des thèmes abordés (en achetant du Canibus on sait à quoi s'attendre, battle, battle et battle), et toujours un léger manque de qualité générale niveau beatmakers pour passer au niveau au-dessus. Les lyrics et la dextérité de Canibus sont tout bonnement sidérants sur l'ensemble du disque. Après cet album, Bis décide de partir d'Universal pour prendre la route de l'indépendance...






Les dernières chroniques