On prend les mêmes et on recommence, ou presque. Les mêmes, pas vraiment, puisqu'outre les têtes pensantes du projet et leurs habituels collaborateurs, les ambitions affichées par le casting de cette deuxième saisons des Sessions Première Classe ne sont pas vraiment à la hauteur de la réputation de la série. Pire, ce deuxième tome semble faire un pas en arrière pour repartir en retrait du point de ralliement du volume 1. Moins de budget, des têtes d'affiche moins concernées ou plus difficiles à mobiliser, ou simple volonté de recentrer le cercle des participants (voire même un peu des trois), le résultat n'en reste pas moins une tracklist plus raisonnable (14 titres) et des combinaisons moins pléthoriques. Le principe, pour sa part, change quelque peu, puisque chaque titre convie deux guests pour un face à face haut en couleurs.
Si Jacky Brown et Lord Kossity se prennent vivement au jeu (sans doute trop, diront les plus prudes), en ne s'épargnant aucune peine ni aucune attaque sur « Gladiator », peu d'autres duel s'avèrent aussi percutants. Busta Flex et Disiz assurent l'essentiel et tiennent leur rang en échangeant leurs flows (« Volte/Face (Volte/Flow) »), alors que Rohff et Lino jouent plutôt dans le même camp sur un « Œil Du Tigre » pas franchement au niveau de ses auteurs. La plupart des artistes réunis passent ainsi à côté du thème de la compilation en assurant des duos plutôt que des oppositions en bonne et due forme. Pas si grave, direz-vous si la qualité est au rendez-vous. Mais c'est également dans cette dimension que le bât blesse, puisqu'en plus de reléguer l'essence de la compilation au second plan, les rappeurs sollicités n'en donnent pas au public pour son argent, et l'arène restent trop souvent dépourvue de combattants. L'Skadrille et K.Ommando Toxik sont plutôt convaincants sur « Tueurs nés », tandis que Calbo et Sat laissent relativement indifférents avec « Etroite surveillance ». Pit Baccardi et Rim-K proposent le minimum (« Les evadés »), alors que certaines collaborations peinent clairement à sortir leurs interprètes du quasi anonymat qui les entoure (Zelda, Paparazzy, Philo la Malice…).
Gâchée par une ligne directrice diffuse et confuse, entre face à face et titres de films, les clashs annoncés finissent n'auront majoritairement pas lieu. Les références cinématographiques, certes constantes et encouragées, ne sauvent pas la mise pour ce projet globalement brouillon et sans panache. Du beau monde, des beat propres, mais pas d'étincelle pour donner à ce volume l'envergure de son prédécesseur. Un second tome propret qui ne brille qu'à de trop rares reprises. Une suite fidèle, la dimension historique en moins. Et ça change tout.






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