Last but not least...
"From my Hard Knock Life time to the Gift and the Curse/I gave you volume after volume of my work so you can feel my truth/I built a Dynasty by bein one of the realest niggas out way beyond reason yall can't doubt/ From my Blueprint beginning to my Black Album ending/If you listen close you'll hear what i'm about" rappe Jay-Z sur "Moment Of Clarity", produite par Eminem. Un refrain d'anthologie retraçant toute sa discographie et un parcours hors du commun : deux classiques (Reasonable Doubt et Blueprint), une trilogie, un album du Roc A Fella au complet, un live accoustique (MTV Unplugged), un album duo avec R Kelly et un double album (Blueprint 2). Total : près de vingt millions d'albums vendus.
The Black Album, l'album noir d'un véritable artiste rap qui a su mener de bout en bout une carrière incroyable. Jay-Z le King de New York ou même le King tout simplement, bouclant la boucle avec ce 'dernier' album avant une 'retraite' anticipée. Contrairement à ces albums précédents, le Black Album n'a pas de concept précis, juste se surpasser une dernière fois et terminer en beauté pour sortir par la grande porte. Et pour celà, Jiggaman a demandé une pléiade de producteurs confirmés ou rookies et à l'inverse n'a sollicité aucun featuring. Plutôt que de faire la fête, Jay-Z donne de son plus haut niveau pour vraiment satisfaire son public une dernière fois. Un dernier salut pour nous et son empire Roc A Fella Records.
Commençons par le commencement, c'était un 4 Décembre 1970 ("Decembre 4th"). Une véritable dédicace à sa mère, d'ailleurs invitée sur ce morceau gorgé d'émotions, et aussi à ceux qui l'ont poussé à être le rappeur qu'il est maintenant. Just Blaze ne signe pas seulement cette fantastique production mais aussi "Public Service Announcement", faisant office d'interlude de choix puisque le beat est surprenant, autant que la prestation de Jay-Z nous faisant une dernière presentation de ce qu'il a bâti jusqu'à aujourd'hui. Un retour aux sources aussi, une rétrospection sur son passé de hustler sur "Justify My Thug" (produit par un étonnant DJ Quik). Et enfin une conclusion finale avec "My 1st Song", où Jay-Z a repris sont flow de ses débuts pour faire une immense dédicace à tous ses proches.
The Black Album n'oublie pas heureusement nous, son public, qu'il remercie sur le hit en puissance "Encore" (produit par Kanye West), un adieu à la scène où le public en fin de chanson en réclame 'encore'. "99 Problems" est la curiosité de cet album et peut-être aussi le meilleur morceau. Une production rock old school scratchée signée Rick Rubin (Beastie Boys, Red Hot Chili Peppers), surprenante, innovante, démontrant une nouvelle fois le talent lyrical de Jay-Z, qui reprend pour le refrain une phrase de Ice T "I got 99 problems but the bitch ain't none". Mention excellent pour le jeune 9th Wonder des Little Brothers, reprenant un sample de R Kelly et un beat très inspiré de Pete Rock ou DJ Premier, sur "Threat". Sur ce morceau, Jigga nous montre une facette menaçante. On n'oublie pas non plus Timbaland qui produit une petite bombe sonique ("Dirt Off Your Shoulders"), bounce comme d'habitude car il sait que Shawn Carter y est toujours à l'aise. Et puis les Neptunes bien sûr, avec l'intrus du Black Album, "Change Clothes." Pianotée et chantée par Pharell Williams, cette chanson est dédiée à la gente féminine, et avec classe. Mais pour rattrapper le coup, le duo d'extraterrestres mettent en scène le théâtre d'une vie dictée par Jay-Z sur le splendide "Allure".
Voilà pour ce 'happy end'. Tout le monde regrette ce départ à la 'retraite', mis à part les pro-Nas. Dommage car The Black Album est très bon, à tel point que certains le considèrent comme son dernier classique. On en redemande! Mais bon, une page est tournée de l'histoire du Hip Hop maintenant, et le trône est toujours vacant même quelques mois après cette sortie. Jay-Z restera comme il le clame "the best rapper alive", et seul une infime quantité de rappeurs peuvent le faire douter. Mais comme il le dit sur "What More Can I Say":
"I supposed to be number one on everybodys list/ We'll see what happens when I no longer exist/ Fuck this".






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